Revue de presse internationale - Septembre-Octobre 2015

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


 

Protection et sécurité de l’enfant

 

Parmi les nombreuses et diverses causes portées par les associations de consommateurs à travers le monde, la protection du jeune consommateur est sans doute celle qui interpelle le plus le grand public, et donc les autorités. Aux Etats-Unis, le steak haché est l’un des produits alimentaires les plus consommés par les enfants et les adolescents. Les résultats sidérants de l’étude Consumer Reports, avec la présence fréquente de bactéries dangereuses pour la santé humaine ne peuvent que susciter l’émoi des parents.

 

L’usage massif d’antibiotiques sur les bêtes développe chez l’homme, et plus encore chez le jeune, une résistance à l’efficacité des antibiotiques qui pourront lui être administré le cas échéant.

 

Ce mode d’élevage industriel mécanisé, où l’animal n’est considéré que comme un ensemble de pièces de viande, tranche, si l’on peut dire, avec le traitement réservé aux kangourous australiens. Là-bas, ni élevage, ni antibiotique, ni stress à l’approche de l’abattage : l’animal est chassé de manière très règlementé.

 

Les tests des produits destinés aux enfants sont souvent préoccupants : celui des ballons de baudruches publié par Test Santé doit inciter tous les pays à l’alerte : ne les gonflez pas avec la bouche, pour éviter nitrosamines et allergies…

 

Le confort des plus petits, c’est le critère retenu par la Stiftung Warentest pour évaluer les voitures familiales. Cocorico : parmi 18 modèles essayés, c’est la Citroën C 4 Picasso qui offre les meilleures conditions de route à trois enfants placés à l’arrière.

 

 

 

De nouveau droits pour les consommateurs

 

En Grande-Bretagne une nouvelle loi consommation, le Consumer Rights Act 2015, entre en vigueur le 1er octobre 2015. Selon Which?, le journal publié par Consumers' Association, cette loi est la plus grande avancée pour les droits des consommateurs depuis une génération. Elle simplifie, renforce et modernise la législation britannique. Elle remplace trois textes fondamentaux en droit de la consommation : le Sale of Goods Act de 1979, relatif à l’achat et à la vente de marchandises ; Unfair Terms in Consumer Contracts Regulations, une loi de 1999 sur les clauses abusives dans les contrats de consommation ; the Supply of Goods and Services Act 1982, sur la fourniture de biens et services.

 

Le Consumer Rights Act 2015 introduit :

- un délai de 30 jours pour se faire rembourser : pour la première fois, la loi spécifie un délai durant lequel un consommateur peut retourner un article défectueux et obtenir un remboursement total ;

- un système de recours différencié : il pose le principe d’un droit au remboursement d’un produit défectueux, d’un contenu numérique et d’un service, dont le montant dépend du temps pendant lequel le produit a été possédé ;

- réparations inefficaces : après une tentative ratée de réparation ou de remplacement d’un produit défectueux, une réduction de prix ou un remboursement peut être demandé ;

- une deuxième réparation ou le remplacement : si le consommateur ne souhaite ni remboursement ni réduction de prix, il peut demander une autre réparation ou le remplacement sans frais ;

- montant du remboursement : la totalité du prix est remboursé dans les six premiers mois suivant l'achat, à l’exception des véhicules automobiles, où une décote raisonnable peut être appliquée en fonction du kilométrage ;

- contenus numériques : le retour des produits dématérialisés est inscrit dans la loi ;

- clauses abusives dans les contrats de consommation : il sera désormais plus facile pour les consommateurs de contester frais et charges cachés ;

- information précontractuelle : toute information précontractuelle engage le vendeur une fois la vente conclue.

 

Source : Which? (Royaume-Uni), octobre 2015

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Créée en 1957, Consumers' Association, plus connue sous le nom de Which?, est la plus importante association de consommateurs au Royaume-Uni. Elle compte 617 000 membres abonnés à son journal, et plus de 254 000 abonnés en ligne. Which? est membre fondateur de Consumers International, créé en 1960 sous le nom de International Organisation of Consumer Unions (IOCU). Which? est également membre du BEUC. Très connue pour ses essais comparatifs de produits et ses essais de services, l'association est un véritable groupe de pression qui depuis 55 ans mène régulièrement des campagnes sur les questions importantes pour les consommateurs.

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Le rapport qui fait un bœuf

 

Les amateurs de burgers vont regarder leur repas préféré d’un autre œil lorsqu’ils auront lu l’enquête du journal Consumer Reports, publié cet été par l’association de consommateurs américaine Consumers’Union. Outre-Atlantique, la quasi-totalité des steaks hachés de bœuf qui garnissent les hamburgers seraient porteurs de bactéries issues des selles des animaux abattus.

 

L’association a analysé en laboratoire 300 échantillons de viande pour hamburgers achetés dans 103 magasins (épiceries, supermarchés et magasins bios) de 26 villes américaines. Résultat : 100% des steaks issus de l’élevage conventionnel et 95% des ceux issus l’agriculture biologique étaient porteurs de bactéries entérocoques, qui peuvent entraîner des infections graves chez les personnes fragiles et témoignent d’une contamination par des matières fécales.

 

20% des échantillons étaient également contaminés par Clostridium perfringens, une bactérie responsable chaque année d’un million d’intoxications alimentaires aux Etats-Unis et 10% présentaient des traces du staphylocoque doré, responsable d’infections graves à mortalité élevée : 11 000 morts par an aux USA selon les chiffres de Consumer Reports.

 

Près de 60% des steaks hachés conventionnels et 40% des steaks bios contenaient des bactéries Escherichia coli. 1% des steaks contenaient des salmonelles.

 

Le mode d’élevage des bovins influerait sur leur taux de contamination bactérienne. Ainsi 18% des échantillons de viande issus de l’agriculture conventionnelle étaient porteurs de superbactéries, des souches capables de résister au minimum à trois classes d’antibiotiques, contre 9% des viandes bio. En cause, l’administration en forte quantité d’antibiotiques pour prévenir les infections et doper la croissance des bœufs, qui favorise le développement de souches bactériennes résistantes.

 

Si le steak haché est plus fragile que d’autres pièces de bœuf, c’est aussi à cause des méthodes d'abattage du bétail et de préparation de la viande. Lors de l'abattage et du stockage des carcasses, des écoulements venant des intestins des bovins peuvent contaminer la surface des chairs où seront prélevées les pièces de viande. Quand les morceaux sont entiers, les faire griller suffit à éliminer cette contamination de surface. Mais lorsqu'ils sont hachés, les parties en surface sont mélangées et la viande est contaminée à cœur. C’est pourquoi Consumer Reports recommande de cuire son steak haché à une température élevée pour garantir sa cuisson à cœur. Or, selon Hannah Gould, une épidémiologiste du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC, Center for Disease Control and Prevention) interrogée par Consumer Reports, "plus de 28% des Américains consommeraient de la viande hachée crue ou insuffisamment cuite".

 

Source : Consumer Reports (Etats-Unis), août 2015

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Fondée en 1936, Consumers Union (CU) publie le magazine Consumer Reports, le site Internet ConsumerReports.org et deux bulletins, Consumer Reports on Health et Consumer Reports Money. Ses sites et publications comptent plus de 7 millions d’abonnés. L'association a également plus de 500.000 militants en ligne qui l'aident dans ses actions en faveur de l'intérêt des consommateurs. CU est membre de Consumers International (CI) et de International Consumer Research & Testing (ICRT).

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Du kangourou au menu ?

 

En Australie, où il est appelé familièrement "roo", le kangourou a longtemps été réservé à alimentation des chiens et des chats. On en trouve maintenant au menu des grands restaurants et dans les rayons des supermarchés. Il est considéré comme une alternative santé et durable à la viande rouge. Il est exporté vers plus de 40 pays dans le monde et on estime que cette industrie pèse 150 millions de dollars australiens par an (plus de 95 millions d’euros). La moitié des australiens n’y a pas encore gouté, encore sceptique sur la qualité sanitaire de cette viande. Choice, le journal consumériste australien, lui consacre une enquête.

 

D’après un expert en nutrition de l’Université de South Australia, la viande de kangourou est bonne pour la santé. Elle est maigre, source de protéines, de fer et de zinc. Plus pauvre en graisse, moins de 2% de bonne graisse polyinsaturée, que l’agneau et le bœuf dont la graisse est saturée. Parce qu’elle contient plus de L-carnitine que d’autres viandes rouges, responsable de maladies cardiovasculaires, de crises cardiaques et d’AVC, il est recommandé de ne pas en consommer plus de 455 grammes par semaine.

 

Pour les services sanitaires, la viande de kangourou n’est pas plus risquée que les autres viandes rouges. Aucune intoxication alimentaire n’a été rapportée depuis la mise en place des contrôles sanitaire il y a 15 ans.

 

La consommation de kangourou serait une bonne réponse à la réduction de notre empreinte carbone. Les kangourous produisent très peu de méthane, en comparaison des bœufs et vaches. Ils ont aussi un plus faible impact sur les ressources en eau.

 

Il n’existe pas d’élevage de kangourous. La viande de kangourou provient de prélèvements effectués dans les populations sauvages. Quatre espèces sont principalement chassées : le kangourou roux (le plus commun), les kangourous gris de l’est et de l’ouest, et le wallaroo. L’abattage est réglementé. D’après le ministère de l’environnement, les campagnes d’abattage sont approuvées au niveau fédéral et basées sur des principes stricts de développement durable. 15 à 20% de la population de kangourou est prélevée par an. Un code de bonne pratique s’applique : une seule balle dans la tête avec un fusil suffisamment puissant. "Les abattages ont souvent lieu la nuit, dans le bush, par des chasseurs isolés. Et il n’est pas toujours facile de bien viser à 30 ou 40 mètres" dénoncent certaines associations. Le code oblige les chasseurs à tuer les petits lorsque la mère a été abattue. Pour la plupart des chasseurs ce n’est pas toujours aisé, alors des animaux meurent livrés à eux-mêmes. Le contraire de l’esprit du code de bonnes pratiques. D’après John Kelly, du Kangaroo Industry Association of Australia (KIAA), le bien-être animal est bien pris en compte. Le KIAA recommande de n’abattre que des mâles afin de réduire la mortalité des bébés kangourous, livrés à eux-mêmes ou abattus. Les mâles représentent maintenant 90% des animaux prélevés. Et 97% des animaux abattus sont morts instantanément. Les fournisseurs de viande de kangourou ont mis en place des labels tels que Macro Meats et Aussie Game Meats pour rassurer les consommateurs.

 

Selon John Kelly, la consommation de viande de kangourou est respectueuse du bien-être animal et de la planète. Les animaux sont prélevés dans leur environnement naturel et n’ont pas été stressés ni contraints par l’homme comme les animaux d’élevage. On ne les a pas marqués, parqués, rationnés en eau et en nourriture. Et ils n’ont pas été menés à l’abattoir.

 

Source : Choice (Australie), août 2015

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Choice est la principale association de consommateurs en Australie, avec plus de 170 000 adhérents. Elle a été créée en 1959 sous le nom de Australian Consumers Association. L'organisation est très connue pour ses  "Shonky Awards", un palmarès annuel qui souligne le comportement douteux ou malhonnête d'entreprises.

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Des voitures où les enfants sont heureux

 

Le centre d’essai de la Stiftung Warentest a testé une sélection de nouveaux véhicules pour leur aptitude l’accueil des enfants : installation d’un siège auto, d’un rehausseur, confort des enfants (place pour les jambes, équipements de confort, sécurité…). "Test", le journal de l’organisation consumériste, présente sa sélection des 18 meilleures voitures pour la famille.

 

Si la Mercedes-Benz Citan est bien classée avec ses trois belles places à l’arrière, les ingénieurs de la Stiftung Warentest soulèvent un problème d’activation et de désactivation d’airbag à l’avant. La palme revient à un modèle français, la Citroën C4 Picasso, qui peut transporter très confortablement trois enfants à l’arrière.

 

Source : Test (Allemagne), Juillet 2015

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La Stiftung Warentest (fondation pour les essais comparatifs) est une organisation de consommateurs allemande créée en 1964 par décision du Bundestag afin d'offrir aux consommateurs, par des essais comparatifs de produits et services une aide indépendante et objective. La Stiftung Warentest coopère aussi avec le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Consumers International (CI) et l'Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information – European Network and Information Security Agency (ENISA) - l'agence européenne de «cyber-sécurité» chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.

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Des ballons de baudruche à risque

 

L’association belge Test Achats, dans son journal consacré aux problématiques de santé, alerte les parents sur le gonflage des ballons de baudruche.

 

Certains fabricants ont oublié de mentionner sur leur emballage qu’il faut impérativement gonfler les ballons de baudruche à l’aide d’une pompe. Car la plupart de ces articles peuvent contenir des nitrosamines, substances cancérigènes si elles sont ingérées. Certains enfants ont pour habitude de gonfler les ballons de baudruche avec la bouche ou de les mâchouiller une fois dégonflés. C’est totalement à proscrire. Ce contact, ajouté à d’autres sources de nitrosamines, augmente le risque de développer à long terme un cancer.

 

Les nitrosamines sont des substances toxiques que l’on peut retrouver dans les articles en latex ou en caoutchouc, mais aussi dans des aliments fumés comme le jambon, certaines boissons, la fumée de tabac et les cosmétiques. Si la législation européenne interdit la présente ces substances dans les tétines et sucettes en caoutchouc destinées aux bébés, elle est plus laxiste pour les ballons et les jouets destinés aux enfants.

 

Afin de savoir ce qu’il en est en Belgique, Test achats a analysé 16 ballons en latex. D’après les analyses simulant une migration par la salive, 4 ballons dépassent la concentration réglementaire européenne pour les nitrosamines (0,05 mg/kg) et 5 ballons dépassent celle des substances nitrosables (1 mg/kg) dans les jouets pour enfants de moins de 3 ans.

 

Actuellement, les étiquettes mentionnent le risque d’étouffement et d’allergie en cas de sensibilité au latex, mais Test Achats estime que ce n’est pas suffisant. L’association exige que, comme en Allemagne et aux Pays-Bas, tous les fabricants précisent sur leur emballage l’obligation d’utiliser une pompe pour gonfler les ballons et l’interdiction de les porter à la bouche.

 

Source : Test Santé (Belgique), août 2015.

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L’asbl Test-Achats a été fondée en 1957 par des bénévoles. Test-Achats a évolué pour devenir une grande association de consommateurs qui, grâce à sa collaboration avec d'autres organisations, notamment en Espagne, Italie, Portugal et Brésil, joue désormais aussi un rôle au niveau européen et mondial. L’association est membre fondateur de l’IOCU (International Organisation of Consumers Unions), Consumers International aujourd’hui. En plus de son mensuel phare et d'un bimensuel spécialisé en santé, Test-Achats publie des périodiques d'informations et de conseils financiers : Test-Achats Invest et Fonds & Sicav.

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Alain-Henri Duval,
Service juridique, économique et de la documentation

Alain-Henri Duval,
Service juridique, économique et de la documentation - See more at: https://www.conso.net/content/revue-de-presse-internationale-juillet-aou...
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