Aujourd’hui Consomag spécial « Contrefaçon » s’intéresse aux normes et à la sécurité des jouets. Une émission préparée avec la douane et diffusée en Octobre 2009. Commentaire : Nous sommes au port du Havre au sein du terminal de France. 15.000 conteneurs arrivent ici chaque jour en provenance du monde entier. Quotidiennement, une équipe de douaniers en contrôle une quinzaine. A cette période, ce sont les jouets principalement qui attirent leur attention. Nous suivons Caroline De Saussure, inspectrice depuis deux ans à la douane. Caroline De Saussure : La première chose que l’on fait c’est de choisir deux ou trois cartons sur lesquels on va faire le contrôle le plus approfondi. On vérifie les marquages sur les cartons pour s’assurer qu’ils correspondent bien aux documents qui nous ont été produits, que les références sont les mêmes. Ensuite, on va ouvrir le carton et vérifier que visuellement le produit correspond bien à la description commerciale qui est portée sur la déclaration aux douanes. Commentaire : Pour commencer, Caroline contrôle avec un agent des la douane un conteneur de lapins en peluche choisit au hasard. Caroline De Saussure : Là, on va regarder de plus près la peluche voir si elle comporte des éléments à risque. Ce serait éventuellement des yeux qui sont des billes de plastique cousues… parce que si c’est mal cousu, les enfants peuvent toujours les arracher et éventuellement les ingérer. Donc il y a un risque d’étouffement. Là, vous voyez que c’est brodé, donc il n’y a pas de risque à ce niveau-là. On va regarder s’il y a quelque chose dans la peluche. Et là, vous entendez, il y a un grelot. Donc nous on regarde si ça à l’air solide résistant. C’est pour se faire une idée parce que de toutes les façons ce que l’on va faire là, nous-même, ça ne remplacera jamais les essais que ferait le laboratoire. Commentaire : Ce produit passera le contrôle de la douane sans aller au laboratoire puisqu’il répond à tous les critères et qu’il ne présente aucun danger. Mais ce n’est pas toujours le cas. Caroline va examiner maintenant un conteneur de dauphins en peluche. La première chose qu’elle vérifie, c’est la présence du marquage CE. Caroline De Saussure : Le marquage CE est apposé par le fabricant ou l’importateur. C’est la condition pour que le produit puisse entrer dans l’Union européenne et circuler librement. En revanche, ça ne signifie pas que le produit a forcément été contrôlé. Donc c’est un minimum mais ce n’est pas une garantie que le produit est forcément sûr. Donc on le trouve ici. Et on doit également retrouver l’indication du responsable de la mise sur le marché donc l’importateur. Et là je ne le trouve pas … Commentaire : En effet c’est le nom de l’importateur qui permet aux autorités de contrôle de remonter jusqu’au fabricant en cas de problème. Caroline De Saussure : Donc on a déjà une non conformité. Et là, vu la nature du produit, il est vraisemblable que l’on va faire des tests en laboratoire. Puisque vous voyez, c’est une peluche mais en même temps on a un boîtier électronique qui fait du son. À mon avis, ça mérite de faire des essais en labo. Commentaire : Louis Szymanski est ingénieur au laboratoire de la douane et de la répression des fraudes à Lyon. C’est là que sont effectués des tests plus poussés sur les jouets saisis par la douane. Aujourd’hui, il réalise des tests sur des jouets destinés aux adolescents : les mini-motos. La machine va subir une série de tests très précis : de la présence d’aspérités tranchantes ou coupantes jusqu’à la mesure de la température du pot d’échappement. Louis Szymanski : Donc ici, on va regarder si le boulon est protégé. Pour savoir si, au moment de la mise en route de la machine, la personne ne va pas s’écorcher sur le boulon. Louis Szymanski : Nous sommes en train de placer des sondes de température pour pouvoir mesurer la température sur les protecteurs d’échappement. Ce protecteur d’échappement est à proximité de la cuisse du pilote. Ce test met en évidence une température très élevée, plus de 150°, ce qui implique que le consommateur a de forts risques de brûlure en utilisant la machine. La température n’aurait pas dû dépasser les 80°. Commentaire : Après ces tests, cette mini moto est déclarée trop dangereuse. Le lot sera saisi par la douane puis détruit ou renvoyé chez le fabricant. Sur 100 jouets testés par la douane en 2008, 42% ont été jugés dangereux. Ils comportaient des risques de pincement de doigts, d’étouffements, d’ingestion ou de chute.