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Transparence, exactitude et information des consommateurs

Il s’agit d’une attente légitime du consommateur, quel que soit le produit de consommation ou le service. Le cosmétique n’échappe pas à la règle, et le consommateur étant de plus en plus averti, il devient exigeant et intègre dans ses critères de choix (et donc d’achat) le critère de qualité de l’information. Le premier support de cette information est l’étiquetage. Mais les notices peuvent très utilement compléter les informations relatives à l’emploi des produits. Beaucoup de fabricants l’ont compris. Et certains, pour renseigner les consommateurs, ajoutent sur leurs produits un numéro de téléphone ainsi que les sites internet des laboratoires fabricants.
La réglementation impose un certain nombre de mentions d’étiquetage obligatoires que nous détaillons ci-après. Récemment, cette information minimale a été complétée par une information relative à la conservation des produits et aux tests sur animaux. Mais au-delà de cette information légale et minimale, un nombre incroyable de mentions figure sur les produits et sur les notices. Logos, mentions de tests, allégations diverses, et informations promotionnelles des produits occupent une bonne place (souvent d’ailleurs en plusieurs langues) à côté des informations pertinentes, et brouillent ainsi l’information de qualité. Comment s’y reconnaître ?
Nous allons vous donner quelques clés pour vous aider à décrypter les étiquettes, mais aussi pour vous indiquer où vous adresser si vous constatez des abus ou si vous êtes victime d’effets secondaires dus à des produits cosmétiques, car il s’agit là d’une information que vous ne trouverez pas sur les produits. Enfin, l’INC a fait une enquête sur les numéros de téléphone "consommateurs" qui sont mentionnés sur l’étiquetage. Nous avons appelé et posé par courrier et de façon anonyme les mêmes questions à un certain nombre de fabricants pour des produits comme les dentifrices "blancheur", les amincissants, les gels douche, les déodorants et les teintures. Le résultat est édifiant, les réponses données sont incomplètes, trop souvent contradictoires suivant le jour d’appel, et même parfois très différentes, voire opposées suivant que la question est posée au téléphone ou par courrier. Conclusion ? Les consommateurs ne doivent pas encore se fier à de tels dispositifs. |
Les informations qui doivent obligatoirement figurer sur les étiquettes

La réglementation impose que le récipient et l’emballage de chaque cosmétique mis sur le marché doivent comporter les 9 indications suivantes, inscrites de manière à être facilement lisibles, clairement compréhensibles et indélébiles : - Nom et adresse du producteur ou du responsable de la mise sur le marché, établi dans l’Union européenne ou partie à l’accord de l’espace économique européen. Les indications peuvent être abrégées à condition qu’elles soient identifiables. - Contenu nominal, en masse ou en volume, mais il existe une dérogation pour les produits dont la masse ou le volume net est inférieur à 5 g ou 5 ml, pour les échantillons gratuits, les unidoses et les produits préemballés contenant un ensemble de pièces. Pour ces derniers, on doit spécifier le nombre de pièces sur l’emballage, quand il n’est pas possible de le déterminer de l’extérieur. - Date de durabilité minimale. Elle est indiquée avec la mention "Utiliser de préférence avant fin…". Mais, pour les produits dont la durabilité minimale est supérieure à 30 mois, il n’est pas obligatoire de mettre la date de péremption. - Indication de la durée d’utilisation après ouverture. Elle est obligatoire pour les produits dont la stabilité est supérieure à 30 mois, et s’effectue suivant un symbole précis. - Les précautions particulières d’emploi doivent figurer sur le récipient et l’emballage. S’il n’y a pas suffisamment de place, on doit reporter les indications sur une notice, une bande, une carte jointe ou attachée. - Numéro du lot de fabrication pour l’identification de la fabrication. Cette indication peut ne figurer que sur l’emballage si les dimensions du produit cosmétique sont réduites. - Pays d’origine pour les produits fabriqués dans les pays qui n’appartiennent pas à l’Union européenne ou partie à l’accord de l’espace économique européen. - Fonction du produit, sauf si cela ressort de la présentation du produit. - Liste des ingrédients dans l’ordre décroissant de leur masse au moment de leur incorporation. Cette liste est précédée du terme "ingrédients". S’il y a un problème de place, il faut indiquer la liste des ingrédients sur une notice, une bande, une carte jointe ou attachée, dont la présence doit être annoncée sur l’emballage.
Les ingrédients en concentration inférieure à 1% peuvent être indiqués dans le désordre, après les substances en concentration supérieure à 1%. Les parfums et compositions parfumantes sont désignés par "parfum" ou "arômes". Les colorants figurent après tous les autres ingrédients. Les noms des ingrédients doivent être ceux de la nomenclature commune prévue par les instances européennes. |
La durée et la conservation des produits cosmétiques

Depuis mars 2005, le délai d’utilisation des produits cosmétiques après ouverture est obligatoire sur l’étiquetage mais uniquement (et on peut le regretter) pour les produits dont la stabilité est supérieure à 30 mois. On peut s’interroger sur cette nouvelle disposition réglementaire qui aurait gagné en cohérence en s’appliquant à tous les produits. Comment reconnaître cette mention "de délai d’utilisation après ouverture" sur un produit ? | Le symbole "12 M" signifie que le produit se conserve 12 mois après l’ouverture. Soyez vigilants, car cette indication est très souvent indiquée en très petits caractères sur les étiquetages.
Les consommateurs se doivent donc de prendre des précautions :
- Ne pas utiliser les produits qui ont un aspect non homogène, une couleur ou une odeur suspectes. | | - Ne pas utiliser les produits ouverts depuis longtemps, d’une année sur l’autre, ou ayant été conservés dans des conditions de températures extrêmes.
- Préférer les cosmétiques en tube, flacon ou doseur plutôt que les pots, qui peuvent être contaminés par vos doigts (même propres, les doigts sont de bons contaminants : ayez le réflexe d’utiliser une spatule).
- Eviter les écarts de température et l’exposition directe à la lumière solaire si l’emballage est transparent.
- Eviter de conserver les cosmétiques dans un milieu humide comme la salle de bains qui favorise considérablement la prolifération de moisissures et de bactéries.
- Crèmes, shampooings, laits de toilette, gels… sont les produits les plus à risques car à base aqueuse : il ne faut jamais les diluer, car l’antibactérien ne suffira plus.
- Le risque de contamination est inférieur pour les produits à base d’alcool (déodorants, parfums, laques pour cheveux, vernis…) et il est très faible pour les produits solides tels que les crayons, rouges à lèvres, etc. - Les produits gras sont sujets au rancissement. - Préférer les petits conditionnements quand ils existent car les produits sans conservateurs se détériorent rapidement. |
Les tests sur les animaux
La majeure partie des produits cosmétiques ordinaires à usage quotidien (plus précisément leurs ingrédients) comme le shampooing, le rouge à lèvres ou la crème hydratante, ont été testés sur les animaux pour en vérifier la non toxicité et la bonne tolérance. La pratique de ces tests est critiquée par un nombre croissant de personnes, défenseurs des animaux ou non, qui dénoncent la cruauté de ces pratiques et leur fréquente inutilité. | | Ces critiques ont poussé l’Union européenne à s’intéresser à la question et à adopter, depuis 1993, plusieurs modifications de la directive pour que les produits cosmétiques et leurs ingrédients soient supprimés progressivement des tests faits sur les animaux. Mais il y a eu des reports successifs en raison d’un nombre insuffisant de méthodes alternatives (in vitro) suffisamment validées. | Conscients de cette sensibilisation du public, certains fabricants ont doté leurs produits de logos ou mentions "animal-friendly". Mais ces logos sont différents, de par leur origine ou leur sérieux.
Toutefois la réglementation impose que le fabricant ou le responsable de la mise sur le marché ne puisse signaler – sur le produit ou sur tout autre document – l’absence d’expérimentations réalisées sur des animaux que si "le fabricant et ses fournisseurs n’ont pas effectué ou commandité de telles expérimentations pour le produit cosmétique fini, ou son prototype, ou les ingrédients le composant, et n’ont utilisé aucun ingrédient ayant été testé par d’autres sur des animaux en vue du développement de nouveaux produits cosmétiques".
Comment s’y retrouver ? Il n’existe pas encore de logo unique en mesure de garantir "l’éthique" d’un produit cosmétique. Naturellement les consommateurs, pour lesquels ce point est un critère de choix, peuvent s’adresser aux associations pour la défense des animaux qui sont réunies en une coalition européenne contre la vivisection. Elles ont ainsi mis au point un standard international, "Humane Cosmetics Standard", auquel ont souscrit les entreprises qui se sont engagées à "ne faire, faire faire, prendre part à aucun test sur les animaux, ni maintenant ni à l’avenir", et à ne pas acheter de matières premières, de formules ou de produits à des entreprises qui s’y sont livrées.
> Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter le site Internet : www.eceae.org |
Logos et signes de qualité, références à des tests

Pour gagner la confiance du consommateur, de nombreux produits présentent des labels ou des informations attestant que le produit a été approuvé par des associations, des organismes, des centres de recherche, ou font mention de tests qui garantissent l’efficacité ou la sécurité du produit. On trouve aussi parfois des sortes de palmarès. Pour les consommateurs non avertis, il est difficile de discerner les rares signes de qualité qui peuvent présenter un intérêt de la multitude des pseudo-signes de qualité qui peuvent induire en erreur.
Pour s’y retrouver, il faut d’abord connaître les mentions crédibles. Parmi celles-ci citons la marque NF (signe officiel de qualité), qui est une certification garantie par des contrôles de laboratoires indépendants. On trouve cette marque sur certains lubrifiants à usage intime (qui garantit la bonne compatibilité avec les préservatifs) ou sur certains produits dentaires comme des dentifrices où elle est souvent associée au logo ADF (association dentaire française). Un autre signe de qualité qui recouvre des spécifications définies est le logo APB (Association des pharmaciens belges) que l’on trouve sur des produits de soins et qui est délivré par une association de pharmaciens d’officines belges dont l’équivalent n’existe pas en France. On trouve d’autres certifications comme le logo ECOBIO créé en 2002 qui comprend dans son cahier des charges des exigences en matière d’environnement, mais bon nombre des prescriptions en terme de qualité proprement dite sur les cosmétiques, ne sont que les exigences basiques réglementaires. Mettre en avant des garanties qui sont purement obligatoires nous apparaît excessif. Enfin les palmarès délivrés par des sociétés privées qui n’identifient pas comment les "experts" choisis sont indépendants de l’industrie nous semblent davantage relever du marketing. Ne vous laissez surtout pas impressionner par des mentions telles que "testé sous contrôle dermatologique", testé "sous contrôle médical", testé "en milieu hospitalier", testé "cliniquement", testé "ophtalmologiquement", recommandé "par des dentistes", etc. qui n’apportent aucune garantie supplémentaire. Les dermatologues ou autres experts ne sont d’ailleurs pas identifiés, et les tests ont été effectués sous le contrôle complet du fabricant et non pas des pouvoirs publics ou de laboratoires indépendants. Il s’agit là encore d’arguments commerciaux. |
Qualité des produits : comment la reconnaitre ?

Nous avons pu, hélas, constater qu’aujourd’hui, le consommateur ne dispose pas d’éléments d’information suffisants pour savoir, d’après l’étiquetage, si un produit est de plus ou moins bonne qualité. En effet, la seule mention de la composition qualitative (et non pas quantitative) fait qu’il est impossible, même pour un spécialiste, d’évaluer un produit en fonction de ses ingrédients (ils sont nombreux, et l’effet dépend des synergies au niveau des associations d’ingrédients). Cela est encore plus difficile pour un simple consommateur, non initié aux sciences de la cosmétologie. Les essais comparatifs de produits conduits par des organismes de consommation sont très utiles car objectifs et indépendants, mais ils sont peu nombreux en raison de leur coût très élevé. Ne serait-il pas souhaitable de voir se développer des publicités comparatives, afin de mettre en évidence telle ou telle qualité d’un produit comme le souhaiteraient certaines organisations de consommateurs en Europe ?
Il faut toutefois être prudent en la matière parce que la qualité d’un produit cosmétique ne recouvre pas un critère unique. Mettre en avant une publicité sur une seule caractéristique du produit, en occultant les autres, est un risque d’erreur pour les consommateurs. |
Dénoncer la publicité excessive ou trompeuse d'un produit

Si ayant utilisé le produit conformément aux instructions du fabricant, vous constatez des allégations pour les produits cosmétiques qui vous paraissent réellement excessives, voire trompeuses par rapport aux effets que vous avez constaté, vous pouvez le signaler, en mentionnant précisément la référence du produit, le numéro de lot de fabrication, et les revendications non justifiées auprès de la direction départementale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DDCCRF) de votre département (adresse disponible sur les annuaires, auprès des préfectures ou sur notre site www.conso.net).
Il peut vous être utile de contacter une organisation de consommateurs pour vous orienter dans vos démarches. |
Dénoncer les effets indésirables des produits

En cas d’effet indésirable sérieux provoqué par un produit cosmétique, qu’il s’agisse d’une irritation ou d’une allergie, il est très important dans un premier temps, de vous assurer que les effets sont imputables au produit que vous suspectez. Au besoin, vous pouvez consulter un médecin ; les dermatologues sont des professionnels de ce type de recherche et outre la relation de cause à effet, ils pourront décrire en termes précis et techniques les effets dermatologiques induits. Cette démarche vous permettra d’identifier les ingrédients responsables afin de les repérer ensuite sur les étiquettes.
Mais, fait très important, il faut que votre médecin signale ces effets secondaires à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) : un imprimé de déclaration de cosmétovigilance doit être rempli.
Ceci est essentiel pour les pouvoirs publics afin de recenser le nombre de cas et de leur permettre d’exiger des fabricants une amélioration de la tolérance du produit.
> Pour contacter l’AFSSAPS: 143-147, boulevard Anatole France 93285 Saint-Denis cedex
L’imprimé de cosmétovigilance est disponible sur le site internet de l’AFSSAPS : www.afssaps.sante.fr |
Conclusion
 | Tout au long de ce guide, nous avons tenté de vous donner quelques conseils pratiques pour une consommation et une utilisation de produits cosmétiques mieux adaptées à vos besoins. Une fois ces sages précautions appliquées, le meilleur produit reste celui qui vous satisfait le plus au quotidien. Enfin, rappelons que le meilleur moyen de préserver la vitalité et la beauté de son corps consiste à mener une vie saine, avoir une alimentation variée et riche en vitamines (légumes et fruits frais), en sels minéraux et fibres, faire un peu de sport, bien dormir, ne pas fumer… et éviter le stress, qui, comme on le sait, est le premier ennemi de la peau et… du sourire. | |

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