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Des besoins aux rêves


 




 


Sommaire "Guide"




>Des besoins aux rêves. Une panoplie de fonctions qui ont des degrés d'efficacité et de risque très variables

La peau, les cheveux et les dents : besoin d’hygiène et de protection
L’hydratation
La protection solaire
Le "traitement" des imperfections et des problèmes de peau
Le nettoyage et le blanchiment des dents
La dépilation
La coloration des cheveux
Les produits amincissants
Les effets indésirables des cosmétiques : allergies et irritations
Des ingrédients parfois nocifs
Précautions pour l’usage des sprays
Les produits annonciateurs de miracles
 


 La peau, les cheveux et les dents : besoin d'hygiène et de protection


L’hygiène est une forme de prévention essentielle contre les maladies, les affections cutanées et les irritations. Il est nécessaire d’enlever tout ce qui s’est déposé sur la peau, les cheveux et les dents (poussière, cellules mortes, sébum, résidus de matériaux avec lesquels ces parties entrent en contact) en les nettoyant sans les agresser excessivement, pour ne pas que ce dépôt constitue un foyer de développement des micro-organismes nocifs (bactéries, champignons, etc.). Bien sûr, l’hygiène et les soins esthétiques correspondent à des exigences différentes. Les produits ayant une fonction esthétique sont au contraire des produits qui salissent (ex : le maquillage ou le gel capillaire) et qui doivent être régulièrement ôtés.
Parfois, la déshydratation et la sécheresse de la peau dues au froid ou au contact avec des produits chimiques agressifs doivent être enrayées par des cosmétiques ayant une fonction hydratante. Cette protection simple, qui ne réclame pas d’exigences qualitatives particulières, peut être apportée par la majeure partie des produits dans le commerce, mais une fois que l’on a une bonne connaissance de son type de peau (peau grasse, mixte, sèche, voire très sèche). Le premier réflexe à acquérir pour l’emploi des cosmétiques et des produits d’hygiène est avant tout de bien définir ses besoins. On pourrait dire la même chose du dentifrice : le nettoyage des dents est fondamental, surtout celui que l’on effectue mécaniquement avec la brosse à dents.
Mais rien n’atteste qu’un dentifrice plutôt qu’un autre a un rôle déterminant dans la prévention des caries, même si le fluor peut s’avérer utile pour les enfants. Par contre, les essais comparatifs de l’INC ont montré que les pâtes dentifrices ont des "abrasivités" variables. Là encore, même pour un usage quotidien devenu banal, il est important de bien choisir. Il nous semble opportun de réfléchir, si possible avec l’aide d’un médecin ou d’un pharmacien, à nos réels besoins – outre le besoin normal d’hygiène – en matière de protection de la peau, des cheveux et des dents avant d’opter pour un produit spécifique aux propriétés particulières. Souvent, la qualité du résultat dépend de la nature et de la fréquence du nettoyage que l’on effectue. Les personnes, qui ont des peaux sensibles et des problèmes d’allergie, peuvent envisager d’utiliser des produits spécifiques, mais il est important de ne pas se laisser influencer par les accroches publicitaires, et d’apprendre à reconnaître les substances qui provoquent des réactions allergiques ou irritatives.


 L'hydratation


Il est essentiel d’hydrater sa peau pour en conserver l’élasticité naturelle et la souplesse, pour préserver l’intégrité du fragile film hydrolipidique qui la protège de l’agression des agents externes (froid et vent, air conditionné ou sec, etc.). Une crème hydratante est utile sur le visage comme sur le corps, voire sur les mains. Rappelons que la composition et les caractéristiques des crèmes destinées à ces diverses utilisations sont vraiment très différentes.

Les crèmes pour les mains sont souvent riches en glycérine,une substance qui "capture" les molécules d’eau (c’est donc un bon hydratant) mais qui présente parfois des effets indésirables : quand l’air est trop sec, au lieu de retenir l’eau du milieu ambiant, la glycérine peut capter l’eau de la peau, produisant un effet contraire à celui escompté ! Les crèmes pour le visage sont souvent d’une composition plus complexe, basée sur l’interaction de différents ingrédients hydratants, souvent associés à des ingrédients antivieillissement. Il est bon de rappeler que le véritable "secret" d’une belle peau est un nettoyage fréquent et délicat au moyen d’un produit non agressif, associé à l’utilisation d’une crème hydratante, sans prétentions "antirides" ou "lifting" mais prévue pour protéger des rayons solaires, capables d’abîmer la peau de façon irréparable.

Nos essais comparatifs montrent que généralement les crèmes hydratantes sont efficaces, bien qu’à des degrés variables. Mais il existe une différence de qualité sur les critères cosmétiques, tels que l’amélioration de la consistance et de la fluidité de la crème, sa facilité de pénétration, sa capacité à donner une sensation de peau douce, le fait qu’elle ne rend pas la peau brillante ou collante, le parfum comme bien sûr aussi sur d'autres critères tels que l’emballage !



 La protection solaire

L’action des rayons solaires (récemment plus agressive à cause de la détérioration de la couche d’ozone) est néfaste pour la peau. Une exposition fréquente et prolongée entraîne un vieillissement précoce, des taches, des érythèmes, et expose au risque du cancer de la peau. Les chiffres sont cruels car on assiste à une explosion de ces cancers dus à une exposition inconsidérée au soleil. Les peaux claires possèdent moins de défenses naturelles et sont plus exposées aux brûlures. Se protéger efficacement signifie avant tout limiter l’exposition au soleil, l’effectuer de façon progressive, aux heures les moins chaudes de la journée, loin des surfaces réfléchissantes (eau de mer, neige) et appliquer un bon produit solaire, abondamment et fréquemment.La myriade de crèmes solaires vendues dans le commerce sont généralement prévues pour protéger des rayons UVA (qui altèrent le collagène et l’élastine, entraînant un vieillissement précoce mais aussi des rougeurs qui apparaissent rapidement après l’exposition) et des rayons UVB (responsables d’érythèmes, de brûlures, et à long terme d’atteintes graves de la peau). Le facteur de protection solaire (FPS, en anglais SPF) indique le degré de protection contre les UVB.
Vous trouverez dans la plupart des crèmes bien formulées, une protection anti-UVA également élevée, qui souvent n’est pas indiquée de façon chiffrée.

Que signifie par exemple un FPS 10 ? Si le consommateur applique une quantité équivalente à celle prévue pour la mise au point des tests, il «devrait» résister dix fois plus longtemps à l’exposition que s’il n’avait aucune protection. Ainsi, si une peau sans protection a un début de rougeur au bout de 5 minutes, avec la crème indice (FPS) 10, le début de rougeur apparaîtra au bout de 50 minutes.
Voilà pour la théorie. Mais en pratique, cela suppose que le consommateur applique la crème en très grande quantité et que les applications soient régulièrement renouvelées. Il est donc prudent de se protéger avec un produit solaire ayant un FPS très élevé. De notre point de vue, les FPS inférieurs à 15 ne sont pas suffisants, et les FPS inférieurs à 10 induisent une fausse sécurité chez les consommateurs qui les utilisent.
En réalité il n’existe pas – sinon dans les messages trompeurs des publicités – de véritable "écran total". Ceux qui souffrent d’érythèmes et d’autres pathologies pour lesquelles on déconseille l’exposition au soleil, devraient en tenir compte. Les enfants en bas âge doivent rester à l’ombre et être protégés par des vêtements, car pour eux le filtre n’est pas suffisant. Il faut se rappeler que l’on est exposé au soleil même sous un parasol, en raison de la réverbération de l’eau et du sable ! Au-delà des facteurs de protection, il est utile de choisir un produit qui résiste à l’eau et qui dispose d’une bonne stabilité à la lumière et à la chaleur. Eviter néanmoins de conserver votre produit à très haute température (par exemple, dans la boîte à gants d’une voiture laissée au soleil) et d’utiliser le produit si vous constatez que l’émulsion est "cassée" ou si le produit a une couleur oxydée (dans ce cas, le produit solaire n’est pas du tout protecteur).


 Le "traitement" des imperfections et des problèmes de peau


Souvent nous avons recours (à tort) à un produit cosmétique pour résoudre des problèmes qui ne sont pas d’ordre esthétique et que seul un médicament à usage dermatologique pourrait éventuellement soigner. Il vaut mieux faire appel à un dermatologue pour convenir d’une action appropriée, et se rappeler que les cosmétiques, qui prétendent avoir des propriétés thérapeutiques, trompent le consommateur parce qu’ils ne peuvent avoir de telles propriétés en tant que cosmétiques. Les taches de la peau, la couperose, les rides profondes, les vergetures, les cernes et les poches sous les yeux sont des problèmes qu’aucun cosmétique ne peut résoudre.
S’il s’agit de problèmes dégénératifs de vieillissement, le cosmétique pourra apporter une légère amélioration en assurant une meilleure hydratation superficielle et (peut-être) une meilleure élasticité. Le plus souvent, il sert à "couvrir" ces défauts, grâce à un effet camouflage. Par contre, si la sécheresse ou autre anomalie de la peau est due à une mycose ou à des manifestations cutanées liées à des pathologies systémiques telles que les allergies, les intoxications, etc., il faut un traitement médical et non pas une crème.

Pour parler un peu des promesses miraculeuses et des prétentions d'"action profonde" des crèmes et des sérums "effet lifting" pour les yeux, il s’agit d’une action limitée à une meilleure hydratation de la peau (qui ne dure, rappelons-le, que quelques heures) mais aussi d’une action antirides légère, c’est-à-dire qui agit sur les ridules peu profondes et peu larges. Soulignons que lors de nos essais, nous obtenons des résultats très variables d’une référence à une autre, tous les produits n’ayant pas une action antirides significative. De plus, même pour les meilleurs, un produit cosmétique ne peut remédier à des rides marquées. Des allégations "d’anti-âge lifting" qui laissent supposer un effet équivalent à la chirurgie esthétique, sont trompeuses.



 Le nettoyage et le blanchiment des dents


Le désir d’avoir un beau sourire a toujours existé. Bien que tout le monde sache que la prévention la plus efficace contre les caries et les pathologies irritatives de la bouche (inflammations des gencives, dents sensibles) reste une hygiène orale soigneuse et fréquente, nous observons depuis des années que les dentifrices et les collutoires avec propriétés "anti-plaques" et "anti-caries" ont envahi le marché, promettant une prévention efficace grâce à tel ou tel ingrédient "magique". Le fluor présente néanmoins un plus, même si pour l’adulte l’action est plus que limitée. Bien se brosser les dents (3 minutes, de haut en bas et de bas en haut), si possible après chaque repas, ne pas fumer, utiliser ponctuellement un bain de bouche quand des symptômes d’irritation apparaissent, telles sont les règles de base. Il faut faire attention aux dentifrices trop abrasifs qui attaquent l’émail, voire la dentine, ne pas abuser des désinfectants ou bains de bouche qui minent les défenses immunitaires de la bouche, favorisant l’apparition de mycoses ; d’une manière générale ceux-ci ne doivent pas être utilisés plus de 3 jours consécutifs sans contrôle médical. La mention d’allégations telle que "approuvé par des dentistes" et autres affirmations du même genre ne sont à notre avis que des arguments commerciaux.

En effet les informations sur le contenu réel du contrôle restent invérifiables car non identifiables, de même que les garanties prévues par le cahier des charges d’octroi du soidisant logo. Pour les enfants de moins de 7 ans, il est préférable d’utiliser des dentifrices
adaptés, et le taux de fluor ne devrait pas être excessif si l’enfant dispose d’apports fluorés autres (sel, eau…). Les blanchissants présents dans les dentifrices ordinaires blanchissent très peu, même ceux contenant du bicarbonate, en comparaison avec les produits spécifiques, a priori plus efficaces. L’essai comparatif publié en février 2005 dans "60 millions de consommateurs" montre néanmoins que l’efficacité n’est pas toujours à la hauteur des allégations, et que les blanchissants sont susceptibles d’engendrer des effets indésirables. Sachez qu’on ne doit utiliser ces blanchissants qu’après consultation préalable d’un dentiste. Les contre-indicationssont en effet sérieuses.

De plus, il faut les employer avec précautions sur de courtes périodes, et ne pas renouveler l’application, ce qui est loin d’être clair sur les étiquettes à la rubrique "précautions d’emploi". Ces produits contiennent un taux élevé de peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée). À noter que pour des concentrations élevées, il ne s’agit plus d’un simple cosmétique.


 La dépilation


Traditionnellement, les remèdes pour éliminer les poils superflus étaient surtout mécaniques : arrachage ou rasage avec comme effet collatéral une sensation douloureuse pour la première méthode et une repousse plus vigoureuse pour la seconde.
Depuis quelques dizaines d’années, l’industrie cosmétique a introduit sur le marché des produits qui ont une action chimique sur le poil et dont l’utilisation est moins "traumatique". Certains d’entre eux ramollissent et dissolvent le poil que l’on enlève ensuite sans douleur, à l’aide d’une spatule. La tolérance de ces produits est variable parce que les ingrédients chimiques sont plus agressifs, d’ailleurs le pH de ces mousses ou crèmes dépilatoires est très alcalin. Ne vous laissez donc pas séduire par des arguments de "douceur", de "soie", de "satin" et autres métaphores, les ingrédients caustiques sont bien présents dans la formule.
Parce qu’une réaction allergique peut aussi se produire à tout moment, même avec des produits que l’on a l’habitude d’utiliser, il est prudent de faire un test sur une toute petite surface de peau, 48 heures avant l’application. En l’absence de réaction, vous pouvez utiliser le produit.


 La coloration des cheveux


Si les techniques d’autrefois comme l’application de henné ou la décoloration à l’eau oxygénée ne se pratiquent presque plus, la coloration " à la maison" s’est imposée avec force. Économique et généralement efficace, elle présente cependant certains risques pour la santé, dont les consommatrices ne sont pas toujours conscientes : les substances colorantes sont souvent allergèniques, y compris chez les sujets peu exposés au risque d’allergie.

De plus,certains de ces ingrédients colorants ont un potentiel cancérigène, mutagène (pouvant déclencher une mutation des gènes) ou reprotoxique (effets toxiques sur la descendance). Ces risques ne sont pas immédiatement détectables par les utilisateurs. Bien qu’il y ait actuellement débat d’experts sur les risques de ces substances à long terme, les partisans du principe de précaution se heurtent à l’insuffisance des études épidémiologiques, et à la

difficulté d’imputer certains effets décrits (cancer de la vessie par exemple) aux ingrédients des teintures en raison du décalage dans le temps entre les applications et la détection de la maladie. Néanmoins les instances françaises et européennes continuent de travailler sur l’évaluation de ces risques. Par contre le risque allergique est détectable car il apparaît rapidement après l’emploi. Il est important de réaliser systématiquement une touche d’essai 24 heures avant l’emploi des produits, pour vous assurer de la bonne tolérance au produit. Attention, une sensibilisation peut survenir même après plusieurs années d’emploi du même produit ; il faut donc faire systématiquement ce test préalable. Les conséquences en cas d’allergie peuvent en effet être très graves, jusqu’au choc allergique.
Les risques d’irritation sont également possibles en raison de l’agressivité chimique des composants. Il faut donc décrypter les allégations et ne croyez pas les supposées actions "en douceur" ou autres accroches rassurantes sur le contenu "naturel" du produit (il n'y a rien de naturel). De même pour les affirmations prétendant préserver “l’intégrité” du cheveu.
Tous les produits colorants (avec des variations selon le type de coloration, permanente ou temporaire) sont agressifs ; ils dessèchent le cheveu de façon permanente car ils en agressent la structure pour la rendre réceptive à la couleur. L’effet “douceur” du résultat final dépend uniquement du baume qui est utilisé après la coloration, et dont le dépôt, qui partira au prochain lavage, rendra les cheveux souples au toucher. Sachez qu’il n’existe pas de produits qui restructurent le cheveu, les fourches, etc., mais seulement des produits qui les recouvrent temporairement d’un film ou qui y déposent une substance. Par ailleurs, l’ammoniaque, l’eau oxygénée, et les autres composants chimiques peuvent produire des vapeurs qu’il faut éviter d’inhaler.

Il est difficile, en terme d’efficacité, de décrypter les étiquettes. Il serait d’ailleurs souhaitable qu’il y ait une harmonisation dans toutes les classes de teintures, de la temporaire à la dite permanente, avec des normes qui justifient de telles appellations.
Les qualitatifs "d’homogénéité" de la teinture sur la chevelure, comme de "couverture" de cheveux blancs sont autant de termes commerciaux qui ne sont fondés sur aucune norme.


 Les produits amincissants

Pour répondre à la demande croissante de produits amincissants et anticellulite, l’industrie cosmétique a créé une vaste gamme de crèmes, gels, lotions, boues et autres remèdes, prévus pour agir par absorption cutanée. Comme nous l’avons déjà précisé l’action d’un cosmétique est nécessairement (selon la loi, obligatoirement) superficielle ; il ne peut interagir sur les processus physiologiques et avoir des effets généraux sur l’organisme. Le cosmétique, au mieux, rend la peau extérieurement plus lisse et plus compacte, sans toutefois entamer les dépôts adipeux et la rétention hydrique, présents dans les couches profondes.Certains composants ont des propriétés permettant d’améliorer sensiblement la circulation superficielle (parfois dits "chauffants") ou autres effets marginaux adjuvants. Mais c’est le massage que l’on exerce pour faire pénétrer ces produits qui est la principale cause des résultats observés (ce qui n’est pas surprenant). En ce sens, certains gels qui pénètrent rapidement sont moins efficaces car ils demandent un temps de massage plus bref. Certains produits actuellement commercialisés ont un meilleur impact, si bien que l’on peut s’interroger sur l’activité de certains ingrédients "actifs". Dans cette hypothèse, ces amincissants ne devraient plus être des cosmétiques, mais des médicaments et, être évalués comme tels.

Quoi qu’il en soit, l’efficacité enregistrée pour quelques produits dans nos essais comparatifs reste modeste et ne dépasse pas une certaine limite : 2 cm de tour de cuisse maximum, que l’on peut obtenir lors d’un premier traitement (l’effet s’épuise et ne se s’accentue pas si le traitement est poursuivi) et fait important, uniquement chez certaines femmes. Les recommandations des laboratoires de renouveler le traitement est abusif et allège plus le porte-monnaie que la silhouette. Enfin, un peu de sport et une alimentation raisonnable et variée contribuent très efficacement à la perte de centimètres !


 Les effets indésirables des cosmétiques : allergies et irritations

Ces effets sont incontestables, même s’ils sont relativement peu nombreux par rapport à la très grande quantité de produits vendus. Le nombre des intolérances apparaît néanmoins en nette augmentation, mais le nombre de cas est incroyablement sous-évalué en raison de l’insuffisance du recensement auprès des pouvoirs publics français. Il est important de savoir que toute réaction de la peau n’est pas forcément une allergie.

Une peau "sensible" ou "réactive" se caractérise par des sensations de brûlure, de peau tirée, de picotements, avec des signes de sécheresse, mais peu de signes de rougeurs. Les signes s’aggravent lors des applications répétées de produits et persistent plus ou moins longtemps. Cette sensibilité concerne surtout les personnes ayant une peau très sèche, et elle est favorisée par un environnement sec, le soleil, le froid, ou lors de traitements agressifs type peeling, masques exfoliants, ou expositions aux UVA.

Pour y remédier, il faut éviter l’emploi de savons, de produits cosmétiques inadaptés à ces peaux, les parfums, et choisir des crèmes hydratantes de texture appropriée. Il faut savoir aussi que l’alcool et les épices sont des facteurs favorisants. N’hésitez pas à consulter un dermatologue si l’inconfort est insupportable ; les cosmétiques ne sont pas seuls en cause puisque des peaux sont mêmes sensibles à l’eau du robinet !
L’irritation est fondamentalement différente de l’allergie, en ce sens qu’il ne s’agit pas d’une réaction immunologique de l’organisme. Elle est due à l’application sur la peau d’une ou plusieurs substances irritantes qui entraînent une altération de l’état cutané. Les irritations sont le plus souvent dues aux cosmétiques appliqués sur le visage, le cuir chevelu ou les mains. Mais elles ne se développent pas forcément sur le site d’application du produit. Ainsi, des irritations des paupières peuvent avoir pour cause un produit appliqué sur les cheveux ou le visage, sans pour autant que l’irritation se développe là où le produit a été appliqué. Parmi les produits les plus irritants, citons les savons et shampooings contenant des tensioactifs agressifs, des produits anti-âge contenant des ingrédients alpha-acides (acides de fruits). Mais certains composés parfumés ont aussi été identifiés comme tels, et même des ingrédients naturels tels que l’huile d’olive. Le remède consiste avant tout à éviter le contact avec le produit identifié comme la cause. Choisissez plutôt des pains sans savon, des shampooings sans tensioactifs agressifs. Lavez-vous les mains à l’eau tiède, essuyez-les doucement, éviter aussi le contact avec des textiles synthétiques. Il faut savoir que l’irritation peut favoriser l’apparition ultérieure d’allergies.
Les allergies sont des réactions dues à une sensibilisation de l’organisme à une substance donnée. Dans le cas des cosmétiques, un seul ingrédient peut suffire pour être allergénique. Dans un certain nombre de cas, elles apparaissent de façon un peu retardée, sous forme d’un eczéma. Les démangeaisons sont importantes et ne se limitent pas à l’endroit d’application du produit.
La réaction peut être immédiate, par exemple sous forme d’un urticaire. Les manifestations d’allergies peuvent être graves. Il convient absolument d’identifier les ingrédients en cause avec un médecin dermatologue. Les produits cosmétiques les plus en cause sont les produits solaires ou de soins, les parfums et eaux de toilette, les produits de coiffure, les déodorants et anti-transpirants, les produits de maquillage. Mais tout produit cosmétique peut se trouver concerné (produits de rasage, pour les ongles…).

Votre enquête sera difficile car il peut s’agir d’un autre produit de notre environnement (détergent, etc.). Les personnes qui sont d’une manière générale prédisposées aux allergies, peuvent choisir des produits hypoallergéniques. Ce qui signifie que le produit a été formulé pour minimiser les risques d’allergies. Mais attention, le produit n’est jamais anallergénique, c’est-à-dire sans risque aucun. Petit conseil : une fois que vous avez identifié un produit cosmétique comme provoquant des allergies, évitez-le complètement. En effet, la réaction allergique n’est pas une question de dosage, il suffit que la substance soit en contact avec votre corps pour que l’allergie se déclenche, même à très faible quantité ! Enfin, il faudrait que la réglementation oblige les fabricants à démontrer le caractère hypoallergénique, en s’appuyant sur des normes précises.

Une propriété "non comédogène" annoncée sur une étiquette n’a absolument rien à voir avec les allergies : un produit qui revendique cette propriété doit être préféré par les personnes qui ont une peau à tendance acnéique (peau grasse, points noirs…) ou pour lesquelles certains cosmétiques peuvent provoquer de tels effets. Les tests de laboratoire sur les produits sont obligatoires.Toutefois, même s’il est bien informé sur les substances à éviter, le consommateur allergique a souvent beaucoup de difficultés à les reconnaître dans la liste des ingrédients reportés sur les étiquettes selon la nomenclature INCI (International Nomenclature Cosmetic Ingredients) ; les abréviations, les sigles et les chiffres parlent peu aux "profanes" ! Néanmoins depuis mars 2005, certains allergènes répertoriés doivent obligatoirement être mentionnés sur les étiquettes. Mais beaucoup reste encore à faire pour mieux informer les consommateurs.


 Les ingrédients parfois nocifs


Il y a eu des cas d’ingrédients – largement utilisés dans l’industrie cosmétique – dont la toxicité a été attestée avec beaucoup de retard, au grand dam de la santé des consommateurs. En conformité avec les indications de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les résultats de recherches médicales et scientifiques, la Commission européenne a listé les substances interdites. Pour certaines d’entre elles, une période moratoire a été prévue afin de permettre aux fabricants d’épuiser les stocks existants. Et malgré le fait que diverses substances "suspectes" sont actuellement sous observation, elles continuent d’être employées (certains colorants pour teinture font l’objet d’investigations de la part de la CE). Dans ce secteur, le principe de précaution n’est donc pas appliqué avec rigueur et cohérence. Parfois, on a assisté à la diffusion via Internet d’informations sur le potentiel cancérigène d’un ingrédient, sans que celles-ci soient confirmées par des données scientifiques.


En cas de doute, il vaut mieux consulter les sources officielles et les sites institutionnels, et opter pour des produits qui ne contiennent pas les substances suspectes. Les organismes de consommation souhaitent obtenir de meilleures garanties de contrôle, un suivi scientifique régulier des effets indésirables associés à l’utilisation des cosmétiques, une divulgation large et rapide des résultats, ainsi que l’implication de représentants de consommateurs et de médecins indépendants.Aujourd’hui, la réglementation fixe les limites d’un certain nombre d’ingrédients (ex : des conservateurs comme le parabens ou le phénoxyéthanol) mais les fabricants la contournent en incorporant plus de substances au taux maximal autorisé.

L’innocuité des ingrédients dans les cosmétiques est d’autant plus nécessaire que certaines substances passent la barrière cutanée, et ce quel que soit le cosmétique appliqué sur la peau.


 Précautions pour l'usage de sprays


Le problème des gaz propulseurs des produits en version spray a entraîné récemment une reformulation de ces substances : aujourd’hui on utilise des propulseurs qui préservent la couche d’ozone ou des techniques de pulvérisation sans gaz.
Il est bon de savoir qu’une inhalation quasi quotidienne de ces produits n’est pas sans conséquences sur la santé. Qu’il s’agisse de laque pour cheveux (avec son film plastique qui se dépose) ou de déodorant avec ou sans alcool, rappelons que ces substances ne sont pas faites pour être ingérées ou inhalées, et que leur toxicité n’a été testée généralement que par contact épidermique. Evitons donc d’inhaler tous les jours les produits cosmétiques que nous vaporisons.
Rappelons également (précaution mentionnée sur les étiquettes, à l’exception de certaines mousses) qu’il faut éviter d’exposer les aérosols avec gaz aux rayons solaires et aux températures élevées, car ils sont inflammables. On ajoutera enfin, qu’avec ou sans gaz, les aérosols sont sujets à des fuites dues à la différence de pression lorsqu’ils sont placés dans la soute à bagages d’un avion, et qu’ils peuvent donc abîmer les autres objets.


 Les produits annonciateurs de miracles


Même si la réglementation a tenté de limiter le phénomène, le secteur des cosmétiques est encore aujourd’hui un des domaines le plus sujet aux publicités excessives, aux promesses de miracles et à l’insuffisance d’informations des consommateurs. Bien que les promesses de beauté soient constantes, il va sans dire que les consommateurs s’attendent au minimum à ce que certaines de ces allégations soient tenues. Or en l’absence d’autorisation et de contrôle suffisants des pouvoirs publics sur la vérification des allégations, rien n’est garanti aujourd’hui. Les moyens des pouvoirs publics sont dérisoires par rapport à la puissance de la publicité. Il faut aussi souligner l’absence de toute norme technique d’objectivation de l’efficacité (norme émanant d’un organisme officiel de normalisation). A noter toutefois que les publicités concernant les allégations santé des produits cosmétiques doivent obtenir a priori un visa PP (publicité produit) de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS).


Il est intéressant de savoir que cette agence assure une surveillance des marchés et a une mission d’inspection des établissements fabricant des cosmétiques. Par ailleurs, il peut être extrêmement difficile pour les consommateurs de voir aboutir leur requête auprès des administrations compétentes, voire auprès des tribunaux, car il peut être avancé aux utilisateurs qu’ils n’ont pas respecté les instructions d’emploi du produit. On comprend donc l’utilité des essais comparatifs qui permettent de comparer objectivement les produits suivant une méthode de tests identique pour tous les produits testés...