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Qu'est-ce qu'un cosmétique ?

D'après la réglementation, les cosmétiques sont des substances et des préparations destinées à être mises en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain, notamment sur l'épiderme, le système pileux, les cheveux, les ongles, les lèvres, les organes génitaux externes, les dents et les muqueuses buccales, en vue exclusivement ou principalement de les nettoyer, de les parfumer, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles… Cette large définition regroupe une très vaste gamme de produits très différents.
Quoi qu'il en soit, un cosmétique se caractérise toujours par une action superficielle, une utilisation non médicale, des ingrédients autorisés (ou non interdits) en vue d'un rapport risque/bénéfice qui devrait être égal à zéro. En effet, si on peut accepter des risques pour des médicaments ayant un bénéfice thérapeutique démontré, il en est autrement pour des produits pour lesquels le principe de précaution devrait prévaloir.
Notre peau a plusieurs fonctions : - "Barrière" - Protectrice - Immunologique - Sécrétoire - Thermorégulatrice - Sensorielle - Absorbante
Appliqué en surface, le cosmétique interagit sur les différentes fonctions de la peau. Les deux premières fonctions visent, entre autres, à défendre l'organisme contre la perte de liquides et l'agression des agents externes (tant mécaniques que chimiques). Un cosmétique ne peut et ne doit pas agir en profondeur et interférer sur les fonctions physiologiques des tissus et des appareils ; il doit au contraire se limiter aux couches supérieures de l'épiderme. Sinon ce produit est, d'un point de vue législatif un médicament. Nous voyons déjà d'emblée l'écart entre le cosmétique "réglementaire" et tous les discours des laboratoires sur les prétendues "actions en profondeur" des produits cosmétiques… |
En quoi un cosmétique est-il différent d'un médicament ?

Le médicament est une substance ou une composition qui se présente comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies. Tout produit pouvant être administré pour un diagnostic médical ou pouvant restaurer, corriger ou modifier les fonctions des organes est également un médicament. | | Pour bien comprendre cette définition "par présentation" de la réglementation, sachez qu'un même produit peut être un médicament ou un cosmétique, suivant que le produit est présenté ou non, comme curatif d'une affection dermatologique. Et la question devient encore plus ardue lorsque certaines affections sont à la frontière de la maladie et elle devient l'objet d'un débat d'experts. | | | Ainsi les consommateurs peuvent trouver des shampooings anti-pelliculaires qui sont des médicaments (et donc soumis à une autorisation de mise sur le marché et vendus exclusivement en pharmacie) et des shampooings anti-pelliculaires de statut cosmétique vendus dans tous les circuits de distribution. La distinction peut aussi ne pas être une question de présentation, mais de composition. Ainsi un dentifrice est généralement un cosmétique, mais au-delà d'une certaine teneur en fluor, il devient obligatoirement un médicament. Le médicament prévoit une administration contrôlée et une posologie précise, des conditions et des limites d'utilisation liées à d'autres substances susceptibles d'avoir des interactions (autres médicaments, alcool, certains aliments). Ceci est exigé par la réglementation et les pouvoirs publics qui délivrent les autorisations de mise sur le marché. A contrario, le cosmétique ne fait l'objet d'aucune autorisation de mise sur le marché avant commercialisation et rien n'encadre précisément l'information du consommateur pour son usage. |
Les différentes familles de cosmétiques et leur circuit de distribution
Il existe des familles de produits pour chaque fonction (produits nettoyants, parfums et déodorants, produits pour le maquillage…) et pour chaque utilisation (produits pour le visage, pour les cheveux, pour l'hygiène bucco-dentaire…), voire par catégories d'utilisateurs (produits spécifiques pour jeunes enfants, pour femmes…). Au sein de chacune de ces familles, il y a toutefois des produits qui, par leurs caractéristiques et leur composition, ressemblent à des produits d'autres familles (ex : un shampooing, un bain moussant pour des bébés). | | Dans certains cas, la distinction n'est pas due à la fonction et à la composition des produits, mais à des positionnements marketing qui utilisent le créneau de la spécificité (psychologiquement efficace) pour gagner les consommateurs les plus exigeants, ou ayant un fort pouvoir d'achat (apparition récente par exemple de produits qui se positionnent pour les seniors).
Enfin, les industriels jouent sur la différenciation qui accompagne les réseaux de vente et par conséquent sur le facteur prix.
Les produits vendus en parfumerie véhiculent l'image du luxe, du rêve, du haut de gamme. Les produits vendus en pharmacie (et maintenant de plus en plus en parapharmacie) sont généralement à un prix moyen/haut de gamme, | leur image étant liée à la recherche pharmaceutique et scientifique. Ils passent pour être de meilleure qualité, parce que les produits distribués en pharmacie ont été les premiers à revendiquer des propriétés intéressantes telles que "hypoallergéniques" ou "non comédogènes". Les produits vendus dans les herboristeries sont prisés pour leurs caractéristiques naturelles car leur composition renferme des herbes et extraits à base de plantes, un créneau porteur, mais souvent les ingrédients chimiques associés ne sont pas mentionnés. Quant aux produits vendus dans la grande distribution, grâce à leur prix modéré, ils touchent un très large public, généralement moins exigeant et moins élitiste.
De nombreuses années d'essais comparatifs démontrent que les qualités des produits cosmétiques sont loin d'être liées au circuit de distribution ou au prix. |
Composition du marché et tendances, qu'achetons-nous et où ?
 | Malgré la crise économique, le chiffre d'affaires global hors TVA du secteur des cosmétiques en France [chiffres de la FIP : Fédération des industries de la parfumerie] est en augmentation : 6 505 millions d'euros en 2003, soit une augmentation de 3,2 % par rapport à l'année précédente. 56,1 % (avec une tendance à la hausse) sont vendus dans la grande distribution (supermarchés, hypermarchés, grands magasins), tandis que 25,7 % sont vendus dans le circuit des parfumeries et des chaînes spécialisées.
| | Les pharmacies représentent 10,2 % du chiffre d'affaires; cependant, leur prix moyen étant plus élevé, le nombre de leurs produits (et de leurs clients) représente une part significativement inférieure à celle des grandes surfaces. Et les 8 % restants viennent de la vente directe. En général, on observe que les consommateurs achètent facilement dans la grande distribution les produits nettoyants (savon,bain moussant, shampooing, dentifrice, etc.) pour lesquels les exigences qualitatives sont moindres.
En revanche, ils ont une nette préférence pour les produits à prix moyen/haut de gamme et pour les réseaux de vente spécialisés (pharmacies et parfumeries) dès qu'il s'agit de produits auxquels ils demandent de grandes "prestations" : amincissants, antirides, produits contre la chute de cheveux ou pour blanchir les dents. Les personnes ayant des problèmes de sensibilisation et d'allergie s'adressent presque toujours à des pharmacies, s'attendant à y trouver des produits de meilleure qualité, critère qui ne s'avère pas toujours vrai. |
Cadre juridique national et communautaire sur les cosmétiques
L'ampleur du marché des produits cosmétiques et l'intérêt que leur portent les consommateurs ont attiré l'attention du législateur communautaire, qui se devait de procéder à une réglementation uniforme du marché pour protéger la concurrence et les opérateurs économiques. La directive sur les produits cosmétiques 76/768/CEE du 27 juillet 1976 et ses nombreux amendements a surtout réglementé la production en faisant, par exemple, la liste de substances interdites car considérées comme dangereuses pour la santé, et a fixé des délais pour une élimination progressive de certaines substances suspectes. | | Les différents textes en matière d'étiquetage des cosmétiques ont été modifiés de nombreuses fois. Des dispositions récentes, transposées en droit national sont applicables depuis le mois de mars 2005, assurant notamment une amélioration de l'information des consommateurs sur des points précis comme la péremption des produits après ouverture, la mention de certains ingrédients répertoriés comme allergéniques ou encore les mentions relatives aux tests sur les animaux. Nous y reviendrons plus loin en détail. | Comment est appliquée la réglementation de l'étiquetage ? Nous avons voulu savoir si cette directive était bien appliquée en matière d'étiquetage des produits.Avec le soutien de l'Union européenne, l'INC et trois associations de consommateurs en Europe (Adiconsum en Italie, CECU en Espagne, et INKA en Grèce) ont réalisé une étude sur les quatre pays. Chacun dans notre pays, nous avons acheté dans le commerce plus de 50 produits cosmétiques et d'hygiène corporelle, soit plus de 200 produits. Etiquettes, logos, emballages, notices ont été passés à la loupe.
Si on note une assez bonne adéquation générale des produits aux exigences d'étiquetage requises par la loi, l'étude révèle des carences essentielles concernant les informations de base destinées aux consommateurs. Ainsi, on ne trouve presque jamais de mentions de précautions d'emploi, de dosage, de modalités de conservation, d'indications sur les ingrédients potentiellement allergéniques. De plus, on trouve presque toujours des accroches excessives, voire non fondées ou non validées par des normes techniques sur les caractéristiques. Des allégations "santé" existent sur certains produits ainsi que des références à des tests de laboratoires attestant de l'efficacité et/ou de la tolérance mais dont l'identification fait défaut.
Enfin, les informations importantes pour la santé et la sécurité sont moins évidentes et moins lisibles que les informations de type commercial et publicitaire. Ces constats vont conduire l'ensemble des organismes de consommation européens qui ont coopéré à ces travaux à formuler des propositions d'amélioration de réglementation et des demandes d'élaboration de normes techniques d'objectivation des qualités des produits.
> Pour en savoir plus, télécharger le rapport technique européen (217 ko) |

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