Après plusieurs mois de débat, les travaux du grenelle de l’environnement ont trouvé leur épilogue par un discours très médiatisé du Président de la République à l’Elysée.
La venue de personnalités "nobellisées" et d’experts mondiaux a rendu presque "théâtrale" l’événement. Pourtant, malgré les superlatifs lénifiants sur les conclusions du grenelle, l’association de défense des consommateurs INDECOSA-CGT reste vigilante, déterminée et forte de propositions.
Pour notre association, la principale inquiétude porte avant tout sur le financement des mesures. En effet, l’annonce d’exonérations de charges sociales sur les entreprises qui ne feraient qu’appliquer la loi nous laisse perplexe quant à la répercussion sur les citoyens. Cette méthode « d’aide sociale déguisée aux entreprises » n’est pas sans rappeler celle employée aux Etats-Unis depuis de nombreuses années. En son temps, le prix Nobel d’Economie Joseph Stieglitz avait dénoncé ce système « de financement par les deniers publics » des grands groupes privés.
En ce qui concerne la démocratie, bien que les ONG aient obtenu à juste titre une représentation au Conseil Economique et Social, de nombreuses interrogations demeurent sur la protection juridique des lanceurs d’alerte et sur le renforcement du rôle des salariés dans les comités d’hygiène et sécurité.
Pour les pesticides, les dispositions fermes du départ ont laissé la place à des déclarations d’intentions vagues, qui laissent présager le "statuquo" pendant encore plusieurs années.
Par contre, la déclaration du Président sur les OGM ne sera pas sans conséquence pour l’avenir. Ce n’est certainement pas le moratoire symbolique de quelques mois qui va bouleverser les choses.
En revanche, on peut être satisfait d’entendre le Président associer clairement les OGM commercialisés aujourd’hui et les pesticides dans une même phrase. "Il faut savoir que l’essentiel des recherches portent sur les gènes de résistance aux pesticides ou à leur fabrication par la plante".
Cette analogie met fin à l’hypocrisie des grands groupes de biotechnologie qui présentaient les OGM comme un alternatif miracle aux pesticides conventionnels.
Maintenant que les masques sont « tombés », pourquoi ne pas, Monsieur le Président, demander comme pour l’homologation d’un médicament ou d’un pesticide, des tests de "toxicité" en laboratoire pendant une durée de 2 ans ?
Enfin pour la recherche de responsabilité en matière de "pollution", vous avez clairement dit de remonter à "la source". Pour appliquer ce principe, ne devrons-nous pas alors, pour les OGM, remonter jusqu’au "détenteur du brevet" ?
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