Avant tout, nous jugeons inacceptable que lors du Grenelle de l’Environnement, présenté comme une étape essentielle de changement de nos modes de consommation et de production, les principales associations nationales de consommateurs n’aient pas été invitées à cette table ronde.
L’opinion publique partage largement cette analyse puisque selon un sondage réalisé par MV2/SSI Conseil à la demande de la CLCV:
- 62% des personnes sondées estiment que les associations de consommateurs devaient très certainement participer au Grenelle et 31 % que leur présence y était utile. - Encore plus révélateur de cette volonté, si elles y avaient été 52% des personnes estimaient que leur présence y aurait été essentielle et 48% utile. - Enfin, seuls 14% des sondés estiment que l’intérêt des consommateurs aurait été pris en compte en l’absence des associations de consommateurs.
En ce qui concerne la rénovation énergétique des bâtiments existants nous pensons notamment:
- sur le sujet des diagnostics énergie, il est impératif de prévoir les mesures d’accompagnement économiques pour limiter l’impact de telles mesures sur le budget des ménages ; - dans le domaine des constructions neuves et réhabilitations lourdes, il est souhaitable de privilégier le développement d’une approche pluridisciplinaire, avec le conditionnement des aides publiques à l’investissement et la mise en place d’ équipes de maîtrise d’œuvre pluralistes « énergie – climat » ou « bâtiment durable », incluant une représentation de l’expertise habitant.
Concernant la mise en place d’une Eco-pastille, il est nécessaire de préciser qu’une telle mesure ne peut s’appliquer qu’à partir de l’achat d’une voiture neuve car on ne peut pas changer les règles du jeu en cours de partie pour le parc existant. L’appliquer aux véhicules existants reviendrait à pénaliser les consommateurs les plus modestes. En outre, afin de faciliter leur utilisation, il y aurait lieu d’introduire une obligation de résultat pour les transports collectifs (adaptation aux besoins en matière d’horaires, confort, sécurité, régularité, tarification incitative, intermodalité…).
Sur la question d’une certification/notation environnementale des exploitations et des produits qui en sont issus, il est nécessaire de revoir l’ensemble des signes de qualité afin de sortir de l’absence de lisibilité actuel. Nous souhaitons un nombre limité de signes, fiables, clairement identifiés et vérifiables. En ce qui concerne les OGM, la demande des consommateurs doit être prise en compte avec la garantie de filières sans OGM, l’affichage au seuil de détection, une recherche publique forte garantissant une expertise pluraliste et indépendante des intérêts économiques, et la responsabilisation de ceux qui les produisent et les cultivent qui doivent assumer totalement les conséquences de leurs actes.
Enfin les propositions sur une meilleure gouvernance et la réforme du Conseil Economique et Social oublient une fois de plus la représentation des consommateurs, alors que la consommation est le moteur de l’économie. A un moment où tout le monde s’accorde à reconnaître que la lutte contre le réchauffement climatique passe par un changement de nos modes de consommations et de production, il est regrettable que la sur-représentation de certaines catégories ne soit pas revue. La composition du CES et des CESR doit être à l’image de la société et des différents intérêts en présence, si l’on veut que les débats soient constructifs et permettent la recherche de compromis équilibrés.
* Sondage réalisé mi-septembre 2007 par MV2 Conseil via le panel de consommateurs SSI auprès d’un échantillon de 1 000 personnes
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