Le Président de la République vient de dévoiler les mesures qu’il entend prendre pour répondre aux grands défis de la santé principalement vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer.
Il a précisé qu’il souhaitait, pour financer ce plan, la mise en place d’une « franchise modique » de 50 centimes d’euros par boite de médicament et par acte paramédical et de 2 euros par transport sanitaire. Le plafond annuel sera de 50 euros (soit en moyenne 4 euros par mois).
Les bénéficiaires de la couverture maladie universelle ou de l’aide médicale État, les enfants de moins de 16 ans et les femmes enceintes seront exonérés.
Dans la même semaine, le forfait de 1 euro par consultation médicale mis en place par la loi portant réforme de l’assurance maladie d’août 2004 est porté à 4 euros par jour, afin de combler une partie du déficit de la Sécurité Sociale (décret du 1er août 2007).
Tout ceci dans un plafond global de 50 euros par an et par personne. Ainsi, pour une famille de 4 personnes dont 2 adultes et un enfant de plus de 16 ans, cette franchise représentera 150 € par an.
Comment va-t-on faire pour distinguer ce qui est destiné au financement du plan Alzheimer et ce qui sera affecté à la réduction du déficit de la sécurité sociale ?
Quels éléments seront pris en charge par les complémentaires, alors même que le Président de la République indique que les complémentaires devraient pouvoir prendre en charge ces nouvelles franchises et que sa Ministre de la Santé parle, quant à elle, de prise en charge dans le cadre des contrats responsables, donc non remboursables !
À l’opacité des différents honoraires s’ajoute une illisibilité des remboursements !
En tout état de cause pour l’UNAF :
• le principe de la solidarité nationale, un des principes fondamentaux de la Sécurité Sociale, est brisé entre les biens portants et les malades, puisque ce sont ces derniers qui, une fois de plus, doivent payer ;
• ces franchises risquent de devenir une variable ajustable en fonction des déficits ;
• le risque de renoncement aux soins pour les personnes n’ayant pas accès à la couverture maladie universelle est accentué, ces personnes ayant leurs revenus juste au-dessus du seuil de la CMU n’ont le plus souvent pas de complémentaire.
Il est enfin regrettable que les vraies questions structurelles ne soient pas posées, il faut travailler ensemble à une réelle réforme structurelle du système de santé français, afin de rapprocher les questions de financement de la Sécurité Sociale à celles de l’organisation des soins.