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30/05/07
|  | Déficit de l’assurance-maladie : Pour la CLCV, la franchise est une fausse bonne idée (Communiqué de la CLCV) | L’instauration d’une nouvelle franchise doit répondre au nouveau dérapage des dépenses d’assurance maladie. Il s’agirait de responsabiliser les patients en leur faisant supporter une nouvelle partie de leurs dépenses de santé. Ce qu’ils font déjà et de plus en plus avec les 1€ lors de chaque visite chez le médecin, la franchise de 18€ pour les actes lourds et le ticket modérateur. A cela s’ajoute l’instauration croissante et souvent sournoise de coûts supplémentaires pour nombre de services (téléphone, TV, chambre individuelle…) notamment à l’hôpital.
Un tel projet repose sur le principe économique selon lequel il existe une forte élasticité entre la demande d’un bien et son prix. Pour la CLCV, la santé et les soins ne sont pas des biens ordinaires et ne doivent surtout pas le devenir.
La consommation de soins n’est pas et loin s’en faut liée au seul prix, elle répond à d’autres exigences. Une telle logique irait de plus à l’encontre d’un principe fondateur de notre lien social et républicain de libre accès aux soins, le système d’assurance maladie solidaire étant petit à petit remis en cause au profit de systèmes assurantiels, aggravant l’instauration d’une médecine à deux vitesses. Il est indispensable que les mesures envisagées ne constituent pas un blocage financier supplémentaire à l’accès aux soins pour les personnes aux revenus les plus modestes.
Sur un plan économique, les experts reconnaissent que 70% de la dépense totale de santé est le fait de 10% de patients souffrants de lourdes pathologies. Comment donc l’instauration de franchises pourrait elle être efficace ? Toujours sur un plan économique, l’instauration de nouvelles franchises va une fois encore peser sur les classes moyennes modestes (non concernées par la CMU et souvent n’ayant pas les moyens d’acheter des assurances complémentaires).
Etablir ou renforcer le lien entre l’accès aux soins et coût économique irait également à l’encontre de la nécessaire prévention par ailleurs prônée par les professionnels de la santé. Les patients seraient incités à limiter leurs consultations médicales. A terme, cela pourrait être une régression sociale et sanitaire préjudiciable. Quelques économies à court terme générant un fois encore un coût social et économique bien plus lourd à moyen terme.
Pour toutes ces raisons et dans un esprit de responsabilité nationale, la CLCV appelle de ses vœux la tenue d’une concertation entre les représentants des usagers, des professionnels de la santé, et des entreprises. Sous la responsabilité des pouvoirs publics, cette concertation devra permettre de remettre à plat l’ensemble du fonctionnement de notre système de soins, et de dégager des solutions pérennes pour le financer. L’instauration de franchises successives supportées par les seuls usagers des soins ne peut être une solution, la situation actuelle le démontre une fois encore.
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