Hier, le texte de loi sur le droit au logement opposable a été adopté. Malgré les améliorations apportées par le Parlement, la Confédération Nationale du Logement reste particulièrement sceptique à l’égard de cette loi qui n’apporte pas de réponses suffisantes à la question des moyens nécessaires à la mise en œuvre de celle-ci.
Pour Jean-Pierre Giacomo, Président de la CNL « Le texte est pavé de bonnes intentions mais il y a de grandes chance qu’il soit très difficilement applicable ». En sachant que les logements sociaux financés en 2007 ne sortiront pas de terre avant 2009, comment va-t-on pouvoir loger les quelques 400 000 personnes représentant les 6 catégories de demandeurs prioritaires dans une offre de logements qui est déjà complètement saturée ? Rappelons qu’1,4 million de personnes sont en attente d’un logement social et certaines depuis une longue période. Cette loi présentée par le gouvernement dans la précipitation est progressivement devenue un texte fourre-tout passant de 9 à 76 articles. « La loi ne prend pas en considération les questions du droit réel au logement pour tous. Elle ne règle pas la question des moyens budgétaires et financiers. Il était nécessaire de prendre des mesures fortes, notamment des dispositions pour inciter plus radicalement les maires à construire les 20 % de logements sociaux dans leur ville. Autre point important : la part des logements du secteur privé concerné par le droit au logement opposable est largement insuffisante » ajoute le président de la CNL. Dans quelques jours, ce sera la fin de la trêve hivernale. La Confédération Nationale du Logement reste attentive à la situation de ces milliers d’habitants concernés par un jugement d’expulsion et qui risquent de se retrouver à la rue. La CNL se mobilise partout en France, pour dire Non aux expulsions. « Cette loi représente un chèque en blanc que devra honorer le futur gouvernement. Encore faudra t-il que ce dernier ait la volonté d’impulser une véritable politique du logement et de l’hébergement » conclut Jean-Pierre Giacomo. La CNL demande : - La construction de 900 000 logements dans les 5 prochaines années et l’arrêt des démolitions - La tenue d’Etats Généraux du logement - La création d’un service public du logement et de l’habitat - La revalorisation de 20% des aides au logement au titre du rattrapage - Le gel des loyers et l’arrêt des saisies et expulsions
|