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Détail d'un communiqué

27/02/07


Pub et messages sanitaires aux grands maux, les petits remèdes
Communiqué de la CLCV)


Dans les tous prochains jours, toutes les publicités alimentaires devront être accompagnées de messages sanitaires invitant les consommateurs à manger plus de fruits et légumes et moins de produits gras et sucrés, à réduire le grignotage et à pratiquer une activité physique régulière. Seules les publicités pour les produits « bruts » (eaux minérales, jus de fruit sans sucre ajouté, café…) seront dispensées de ces mentions et l’ensemble des médias, y compris internet, sont visés.

Compte tenu du lobbying de l’industrie agroalimentaire et des publicitaires, il aura fallu plus de deux ans pour que cette disposition de la dernière loi de Santé Publique soit enfin appliquée. En effet, prétendre toucher à « l’image » des marques ne pouvait que susciter une levée de boucliers des professionnels.

Finalement, cette mesure adoptée au forceps constitue-t-elle une réponse à la hauteur des enjeux de santé liés à l’alimentation ? Pour la CLCV, la réponse est non

En effet, les bandeaux sanitaires n’auront qu’un impact infime au regard des publicités elles-mêmes et l’on peut parier que, d’ici quelques semaines, les consommateurs n’y prêteront plus attention. On peut aussi s’interroger sur les risques de détournement et de récupération de ces messages au profit de nombreux produits qui affichent des vertus « nutrition santé » bien discutables.

De plus, l’essentiel du problème demeure posé : les produits déséquilibrés continueront de prédominer largement dans les pages publicitaires, en particulier celles destinées aux enfants. Dans une étude réalisée en octobre 2006, nous avons montré que 75 % des publicités pour céréales pour petit-déjeuner portaient sur les produits les plus sucrés du marché tandis que 96 % des spots pour les biscuits vantaient des produits fourrés ou nappés particulièrement gras. Les féculents, les fruits et les légumes, dont les nutritionnistes s’accordent à reconnaître les vertus, brillaient eux par leur absence.

Les enfants sont soumis à une pression publicitaire considérable : sur TF1, on dénombre près de 20 spots alimentaires par heure de programme jeunesse. De simples messages sanitaires, qui ne seront pas déchiffrés par les plus jeunes, paraissent donc bien dérisoires. Alors que l’épidémie d’obésité poursuit sa progression, les pouvoirs publics et les professionnels continuent à se payer de mots.

La CLCV considère qu’il est prioritaire d’encadrer strictement les publicités alimentaires afin d’écarter les produits les plus déséquilibrés. Il s’agit d’ailleurs des termes de l’engagement pris par le ministre français de la santé dans le cadre de la charte de l’OMS contre l’obésité signée le 18 novembre dernier.

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