Les sénateurs ont amendé puis voté en première lecture le texte de loi relatif au droit au logement opposable. Pour la première organisation d’habitants (la Confédération Nationale du Logement), si le texte de loi comprend des avancées, il ne contient pas de solutions efficaces et pérennes pour résoudre la crise.
En réaction à une forte mobilisation d’associations, le gouvernement a choisi de faire passer en toute hâte une loi sur le droit au logement opposable.
« Les objectifs de ce nouveau droit et ses moyens n’ont pas été clairement définis dans la loi de telle sorte que l’on se demande encore comment l’Etat pourra loger toutes ces personnes alors qu’il n’y a pas suffisamment de logements et que d’ici à 2008, les perspectives de construction restent insuffisantes » explique Jean-Pierre Giacomo, Président de la Confédération Nationale du Logement.
Dans cette précipitation, les associations telles que la CNL n’ont pas été entendues pour mettre à plat les facteurs de la crise du logement et leurs éventuelles solutions.
« La question que de plus en plus d’habitants se posent actuellement est la suivante : Jusqu’à quand vais-je pouvoir rester dans mon logement au regard des hausses de loyers et de charges, de la baisse de mon pouvoir d’achat … ? Le droit au logement opposable ne répond pas à cette question. Nous attendons des solutions pérennes que les sénateurs n’ont pas apportées. Nous souhaitons que les députés abordent ces questions. Cela passe notamment par le blocage des loyers, la revalorisation de 20% des APL au titre du retard pris, l’arrêt des expulsions sans relogement… » ajoute t-il.
À partir du 15 mars prochain (date à laquelle se termine la trêve hivernale) de nombreuses familles et personnes seules vont être expulsées de leur domicile sans qu’une solution de relogement ne leur soit proposée. Partout en France, la CNL va se mobiliser et organiser des initiatives, lors d’une semaine d’action, contre les saisies et les expulsions pour dénoncer cette situation qui conduit de nombreux habitants dans des situations de grande détresse.
La CNL demande :
- la tenue d’Etats Généraux du logement
- Le gel des loyers dans tous les secteurs en 2007
- la revalorisation de 20% des aides personnelles au logement au titre du rattrapage
- La construction de 900 000 logements dans les 5 prochaines années et l’arrêt des démolitions
- la création d’un service public du logement et de l’habitat