A l’avant-veille de l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi censé transposer la Directive Médicament, l’UFC-Que Choisir s’indigne des dangers de l’article 29-10, qui ouvre la possibilité aux laboratoires pharmaceutiques de suivre individuellement, au domicile privé du patient, « l’observance » de son traitement (coaching privé).
Pour la première fois, et alors même que les parlementaires européens et la Directive l’avaient écarté, la loi française pourrait permettre à l’industrie pharmaceutique d’orienter directement les choix des consommateurs portant sur des médicaments de prescription. L’article prévoit en effet une habilitation du gouvernement pour prendre par ordonnance les mesures autorisant "les actions d’accompagnement des patients soumis à des traitements médicamenteux, conduites par les établissements pharmaceutiques ».
De toute évidence, le gouvernement cède au vieux rêve de l’industrie pharmaceutique qui, depuis longtemps, tente d’entrer en communication directe avec les patients, en supprimant le filtre du médecin, d’abord de manière privée par les campagnes à domicile puis, à terme, par le biais de campagnes publicitaires massives sur des médicaments soumis à prescription.
Sur la forme, le recours aux ordonnances est une tactique procédurale visant à satisfaire les firmes pharmaceutiques en évitant tout droit de regard et de contrôle de la représentation nationale sur un sujet qui exige un vrai débat démocratique .
L’UFC-Que Choisir, membre du collectif Europe et Médicament, s’indigne de cette tentative et demande aux parlementaires de ne pas adopter l’article 29-10 du projet de loi afin :
- de ne pas se dessaisir d’un sujet sensible sur lequel l’intervention du Parlement est légitime et nécessaire, - de ne pas accepter la légalisation des campagnes « d’observance » voulue seulement par les firmes pharmaceutiques.
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