Le 8 avril aura lieu la journée internationale d’opposition aux OGM. A cette occasion, la CLCV rappelle la très forte demande des consommateurs européens et français pour une alimentation exempte d’OGM et dénonce les lacunes du projet de loi actuel sur les organismes transgéniques.
Alors que les assureurs refusent de couvrir les risques de contamination et qu’il faut donc créer des fonds d’indemnisation, l’entêtement des industriels et de leurs lobbys pour imposer des produits à une population qui n’en veut pas ne peut conduire qu’à une judiciarisation du dossier. Aujourd’hui du soja, du maïs et du colza génétiquement modifiés entrent dans la chaîne alimentaire et les consommateurs ont droit à une information fiable et loyale sur la présence d’OGM dans les denrées. Seule la mise en place de filières réellement séparées, de l’amont à l’aval, leur garantira la possibilité d’un réel choix. Il faut rappeler que le cadre législatif européen ne prévoit l’étiquetage des présences accidentelles d’OGM qu’au-delà d’un seuil de 0.9 %, cet étiquetage reposant in fine sur les autocontrôles réalisés par les opérateurs… Ainsi, en l’absence de mesures généralisées assurant l’étanchéité des filières, les consommateurs achèteront sans le savoir de nombreuses denrées contenant des OGM ! C’est pourquoi nous demandons que figure dans la loi l’obligation, pour les opérateurs de transport, de stockage et de transformation, de prévenir les contaminations. Il est en effet établi que les parcelles ne constituent pas le seul point critique mais que les ports, les véhicules de transport, les silos et les usines de transformation sont à prendre en compte au même titre que la production agricole. Nous insistons par ailleurs pour que la future loi assure l’indispensable transparence quant aux données d’évaluation des risques liés aux OGM. L’argument, invoqué par les groupes semenciers, selon lequel l’étude des effets sur la santé ou sur l’environnement relèverait du secret industriel est pour nous irrecevable. Comme l’a montré le précédent du maïs Mon 863 en 2004, les firmes se refusent à rendre publiques ces informations, entretenant par là même la défiance des citoyens vis-à-vis des OGM. Enfin, à l’heure actuelle, émergent de nouveaux modes de production agricole moins dépendants de l’agro-industrie et plus respectueux de l’environnement et il nous paraît important de préserver les conditions de leur développement. Ceci suppose, non seulement pour les filières concernées mais aussi pour des territoires qui le souhaitent, la possibilité de demeurer non OGM. C’est pourquoi la CLCV soutient la demande de très nombreuses collectivités et régions d’Europe de définir des zones exemptes d’OGM.
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