Comment lutter efficacement contre l’obésité infantile ? La suppression des publicités de certains aliments gras et sucrés, diffusées entre les émissions jeunesse à la télé, avait été envisagée en février par la ministre de la santé et de la jeunesse Roselyne Bachelot-Narquin. Mais seule une charte devrait finalement voir le jour, "à l’automne".
Pourquoi ce recul ? Parce que, depuis, les syndicats des annonceurs publicitaires ont dit leur opposition. Et l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) a boycotté les réunions au ministère de la santé. Le ministère de la culture s’est finalement rangé de leur côté, obligeant ainsi Roselyne Bachelot-Narquin à en rabattre.
Il y aura donc une charte d’engagements dans le cadre du programme national nutrition santé (PNNS). "Elle abordera les publicités diffusées entre les programmes pour enfants et donnera une liste des produits autorisés à la vente aux caisses des supermarchés", précise le cabinet de la ministre. Mais la charte soulève déjà l’opposition de nombreuses associations, ainsi que d’enseignants et de responsables de restauration collective, qui la jugent très timide. L’Union fédérale des consommateurs continue de réclamer une loi de prévention de l’obésité infantile encadrant les pubs et demandant l’intervention de diététiciens dans les écoles (cf. INC Hebdo n° 1456). Les grands groupes agroalimentaires ont commencé à réduire les publicités visant les moins de 12 ans, conformément aux engagements de janvier (cf. INC Hebdo n° 1460). C’est ce que montre le magazine 60 Millions de consommateurs à paraître le 28 août. En France, parmi les 3-17 ans, 3,5 % souffrent d’obésité et 14,3 % de surpoids. La télévision nuit au développement des tout-petits Dans une délibération du 22 juillet dernier (*), le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) interdit aux éditeurs la diffusion et la promotion, "sur leur antenne et sur tout autre support", de tous les "programmes visant spécifiquement les enfants de moins de 3 ans". La mesure prendra effet le 1er novembre.
Mais elle ne concernera ni BabyFirst, ni BabyTV, deux chaînes francophones qui émettent depuis le Royaume-Uni et sont disponibles par le câble, l’Internet ou le satellite : les distributeurs "commercialisant un service de télévision présenté comme spécifiquement conçu pour les enfants de moins de 3 ans" devront simplement diffuser des avertissements à l’antenne prévenant les parents des dangers de la télé pour le développement de leur bébé (passivité, retards de langage, troubles du sommeil et de la concentration…).
(*) Publiée à l’adresse : www.csa.fr/infos/textes/textes_detail.php?id=126993
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