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INC Hebdo N°1481 (26/06/08)

Qualité de l’air : une nouvelle directive bien frileuse
Une étude scientifique confirme la surmortalité chez les personnes exposées à la pollution automobile.
Alors que vient d’être adoptée la directive numéro 2008/50 du 21 mai 2008 «concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe», une étude épidémiologique de l’Institut de veille sanitaire (INVS) montre que les risques de décès sont plus importants chez les personnes exposées à un air pollué par de fortes concentrations de dioxyde d’azote (NO2) et de particules fines et grossières. Cela vient confirmer les résultats de plusieurs études internationales.

Gaz brun et suffocant
Le NO2, un gaz brun et suffocant, provient essentiellement de la circulation automobile. Les particules fines, émises par les industries et les moteurs, viennent de la combustion de fuel, de charbon ou de bois. Quant aux particules grossières, elles proviennent des frottements des véhicules sur la route, d’activités agricoles…

Le “programme de surveillance air et santé” de l’INVS a agrégé des données épidémiologiques relevées entre 2000 et 2004 – hors canicule de 2003 – dans neuf zones urbaines françaises *. Les liens entre mortalité et présence de ces polluants dans l’air sont significatifs, particulièrement chez les plus de 65 ans et les personnes atteintes de maladies cardiaques, cardiovasculaires ou respiratoires.

Pour l’ensemble des neuf zones, le risque de mortalité globale est «associé de façon significative à une augmentation de 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) du niveau des indicateurs de pollution le jour et la veille du décès». Par exemple, le risque de décès augmente de 2 % quand la quantité de particules grossières par mètre cube d’air s’accroît de 10 µg – autrement dit : à Paris, où décèdent en moyenne cent personnes par jour, deux personnes de plus meurent quotidiennement quand la pollution croît ainsi.

Ces résultats soulignent la nécessité d’abaisser les niveaux de présence de ces polluants dans l’atmosphère. Or, la nouvelle directive européenne sur l’air ambiant, qui doit être transposée au plus tard en juin 2010, ne modifie pas la valeur limite des particules grossières. Elle se contente de reprendre les niveaux de la réglementation en vigueur depuis 2005 (40 µg/m3 en moyenne annuelle). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande pourtant un plafond deux fois moins élevé. Concernant les particules fines, la directive en abaisse la valeur limite à 25 µg/m3 dans l’ensemble de l’Union d’ici à 2010, et à 20 µg/m3 en zone urbaine en 2015. Des plafonds bien timides, puisque la France respecte déjà ces valeurs – même dans les zones les plus polluées étudiées par l’INVS.

Un progrès est toutefois à noter : la directive diminue le plafond de NO2 à 40 µg/m3 en moyenne annuelle d’ici à 2010. Aujourd’hui, les agglomérations de Lyon et Paris dépassent souvent ce seuil (cf. INC Hebdo numéros 1432 et 1300).

* Etude et résultats téléchargeables via :http://www.invs.sante.fr/publications/2008/psas_mortalite



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