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INC Hebdo N°1481 (26/06/08)

Les prix du train grimpent, la transparence baisse
En plus de la traditionnelle augmentation de juillet, une réforme des calendriers tarifaires va multiplier le nombre de rames circulant aux heures de pointe.
Comme chaque 1er juillet, les tarifs des trains express régionaux (TER) et des trains Corail vont augmenter. Mais cette année, il y aura une seconde hausse des prix : les coûteuses plages horaires blanches – correspondant aux périodes de pointe sur les calendriers “bleu-blanc” – seront en effet étendues dès le 6 juillet. Le nombre de voyageurs concernés par des tarifs élevés s’apprête donc à gonfler.

Le blanc va faire pâlir les calendriers. Du lundi au vendredi, une plage horaire blanche s’étendra de 6 h 30 à 8 h. Du mardi au jeudi, elle s’appliquera aussi de 17 h à 18 h 30 et, le vendredi, de 14 h à 20 h (soit une heure de plus qu’aujourd’hui). Il n’y aura en revanche aucune modification le week-end, où le blanc s’étale déjà de 15 h à 20 h le dimanche.

A noter : les trains à réservation obligatoire Corail Téoz et Lunéa ne sont pas soumis à ces calendriers “bleu-blanc” mais, tout comme les TGV, aux “prix de marché”.

Les prix des billets sont en effet établis selon deux systèmes bien distincts : la “tarification kilométrique” dépend du nombre de kilomètres parcourus – avec une dégressivité – et s’applique aux TER et aux Corail classiques ; les “prix de marché”, introduits en 1996, dépendent de l’offre et de la demande et varient de manière opaque selon les destinations, les jours, les heures. «Le matin est souvent une heure de pointe», indique la SNCF.

Une des raisons avancées par l’entreprise publique pour justifier ces augmentations est la hausse des péages ferroviaires dont elle s’acquitte à Réseau ferré de France (RFF). En 2009, ces péages lui coûteront 68 millions d’euros de plus qu’en 2008.

La SNCF fait peu de communication sur les hausses des tarifs voyageurs. Mais elle n’en fait pas plus sur la manière dont les prix sont aujourd’hui déterminés. Les actuels guides horaires sont particulièrement pauvres : seules apparaissent des fourchettes de prix.

Explosion de mécontentement
Les témoignages de consommateurs mécontents recueillis par la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) explosent. Manque d’information au guichet, grande variabilité des prix sur un même trajet, tout y passe. Un adhérent de la Fnaut résume : «On ne sait jamais combien on va payer !»

Le malaise se ressent surtout depuis l’instauration en octobre dernier de la “nouvelle offre tarifaire et de services” (Notes) par la SNCF (cf. INC Hebdo numéro 1445). Son objectif était de «multiplier les occasions de petits prix» et de «mieux remplir les trains», car trop d’usagers annulaient leurs billets tardi­vement – empêchant l’entreprise de reven­dre à temps les places laissées libres.

Depuis octobre, les échanges de billets ne sont plus gratuits pour les voyageurs non professionnels. Pour la SNCF, Notes porte déjà ses fruits avec «un million de voyageurs supplémentaires» et «1,2 million de places à petits prix supplémentaires, dont les billets Prem’s», entre octobre 2007 et mars 2008.

La SNCF annonce de nouveaux guides horaires plus détaillés pour fin 2008-début 2009. Et au même moment augmenteront, comme chaque année, les prix des TGV et autres trains à réservation obligatoire.

La Fnaut réclame une clarification des activités “grandes lignes”
Comme sa grille tarifaire, l’organisation de l’entreprise SNCF est complexe. Une direction “Voyage France-Europe” gère les TGV, les Corail Téoz et Lunéa ainsi que les Corail classiques.

Les Corail Intercités (Nantes-Bordeaux, par exemple), les trains express régionaux (TER) ou interrégionaux (Lyon-Tours…) sont gérés par la direction “Proximité”. De plus en plus de trajets nationaux sont désormais assurés par les “TER interrégionaux” : Orléans-­Nantes, Dijon-Marseille, Perpignan-Marseille, Lyon-Nice, etc.

A chaque direction, ses règles commerciales et… ses exceptions aux règles. Aujourd’hui, on trouve ainsi des trains express régionaux à grande vitesse (TER-GV) dans le Nord-Pas-de-Calais. Sans oublier les autocars remplaçant un certain nombre de trains régionaux, surnommés “cars TER”.

La Fnaut demande une clarification en proposant que toutes les activités grandes lignes, hors TGV, soient regroupées dans une même direction et sous la seule marque “Intercités”, plus facilement identifiable par le public. L’association réclame enfin que la SNCF traite les services régionaux «avec les mêmes priorités» que les TGV, afin d’«améliorer sensiblement la qualité de service interrégional».


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