Une maxime de notre époque : ce qui est vert est tendance. Dans les supermarchés, la mode est à l’affichage de l’impact environnemental de nos achats sur l’étiquette. Le groupe Casino vient de lancer un “indice carbone”, qui apparaîtra progressivement sur les étiquettes de deux cents produits d’ici à la fin de l’année (cf. INC Hebdo numéro 1444). Dans le Nord, deux supermarchés du réseau E. Leclerc ont introduit leur propre mention écologique sur les étiquettes et le ticket de caisse, première étape d’une expérimentation qui pourrait être étendue aux autres départements. Quant à Intermarché et Ecomarché, ils ont créé l’Ecolo Pass, étiquetage ciblé sur le tri et la “recyclabilité” des emballages. Toutes ces annonces coïncident avec l’examen du projet de loi “Grenelle I” (voir en une du présent INC Hebdo), dont la première lecture est prévue en juillet.
Quelle est la valeur de ces étiquettes “vertes” ? Elle est d’abord symbolique : l’idée même de consommation écologiquement responsable est ainsi introduite dans l’alimentaire. A lui seul, ce secteur serait responsable du tiers des émissions de gaz à effet de serre en France. Leur valeur dépend aussi des méthodes de calculs utilisées.
Comparaison impossible L’étiquetage de Casino semble le plus avancé. L’agence Bio intelligence service (BioIS) travaille dessus depuis 2006. Elle explique avoir calculé les quantités d’émissions en prenant en compte tout le cycle de vie du produit, «depuis les champs jusqu’au foyer du consommateur», et même au-delà en incluant l’incinération et le recyclage des emballages. Les émissions dues à la cuisson des aliments et à la consommation électrique du réfrigérateur n’ont en revanche pas été évaluées. L’ “indice carbone” obtenu donne la quantité de CO2 émise pour cent grammes de produit, laquelle s’affiche sur une réglette avec des nuances de couleur du jaune clair au vert foncé. La couleur rouge a été supprimée car, selon BioIS, «c’est trop culpabilisant pour le consommateur».
Chez E. Leclerc, les calculs ont été réalisés par le cabinet Greenext. Mais comparer les étiquettes “vertes” de Casino et d’E. Leclerc pour un même type de produit – en l’occurrence un pack de quatre yaourts nature – s’avère impossible car Greenext raisonne par gamme de produits. Il va être bien difficile de s’y retrouver dans la gamme des étiquettes “vertes” !
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