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| La qualité de maintenance des ascenseurs devient une priorité |  | | Le report de la date butoir de mise en conformité est l’occasion, pour les associations, de se pencher de plus près sur les problèmes. |  | Ces derniers mois, la profession des ascensoristes est sous le feu des critiques : de nouvelles victimes d’accidents, une étude de l’Union fédérale des consommateurs (UFC-Que choisir) sur l’impact financier de la rénovation des ascenseurs (6 milliards d’euros d’ici à 2018, selon ses estimations)… Tout cela dans un contexte particulier : la ministre du logement et de la ville a signé un décret reportant la date butoir de la mise en conformité de la sécurité des ascenseurs du 1er juillet 2008 à décembre 2010 pour la “phase 1” (cf. INC Hebdo numéros 1468 et 1471). Ces travaux sont exigés par la loi urbanisme et habitat du 2 juillet 2003.
Les organisations de consommateurs et l’Association des responsables de copropriété (ARC) réclament que ces deux années à venir soient mises à profit pour «poser tous les problèmes concernant les ascenseurs». Notamment les factures présentées aux syndics – épinglées par l’UFC-Que choisir en mars – et qui devraient s’alléger, comme l’espère le ministère du logement. «Le report doit faire baisser les prix», précise ce dernier, avant d’annoncer la prochaine publication d’«une étude sur le coût des travaux et leur avancement».
Dans un courrier adressé à l’ARC le 10 avril, le premier ministre François Fillon écrivait : «Il est essentiel d’accompagner [le] report avec efficacité, afin d’améliorer la qualité de la maintenance des ascenseurs.»
Accident grave Un autre problème concerne la qualité de la maintenance effectuée par les sous-traitants des puissants Schindler, Otis, Koné et ThyssenKrupp, sous la supervision de maîtres d’œuvre. Un drame récent illustre cette question : le 7 juin, dans une copropriété parisienne, un ascenseur s’écrase sur deux ouvriers travaillant à sa mise en conformité. L’un meurt, l’autre est gravement blessé. Ils étaient salariés d’une entreprise sous-traitante de Schindler.
Dans une lettre adressée à l’ARC, un des résidents de la copropriété dit son amertume : «Nos ascenseurs avaient été remis à neuf au début des années quatre-vingt-dix. […] Nul ne voyait d’urgence à effectuer ces travaux. […] Le syndic a menacé la copropriété, en disant que nous serions collectivement responsables si un accident se produisait. Nous avons donc obtempéré.» Le syndic en question est Loiselet & Daigremont. Sa filiale Exxeco était le maître d’œuvre.
La Fédération des ascenseurs, qui représente 90 % de la profession, explique qu’elle n’envisage «pas de procès contre l’un de ses adhérents pour rehausser son image», mais qu’elle a «une charte interne». Et de préciser : «Si un des adhérents est un canard boiteux, la Fédération peut l’exclure.»
> Plus d’info :Rue89 publie une enquête sur les ascensoristes : http://www.rue89.com/2008/04/21/les-ascensoristes-ont-gagne-six-milliards-par-la-peur
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