La commission parlementaire “pour la nouvelle télévision publique”, qui doit revoir en profondeur le cahier des charges de France Télévisions, a fait le point début juin sur le dossier du contenu des futurs programmes du service public. C’est le fond de l’affaire, puisque l’ambition est de faire progresser la qualité des émissions.
Depuis son installation en février, cette commission menée par le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, s’était beaucoup intéressée au financement. Où trouver les moyens de compenser la perte, induite par la fin progressive de la publicité, de 800 à 1 200 millions d’euros par an ? Le problème s’est durci avec l’examen du dossier “qualité des contenus” : comment trouver ces sommes tout en améliorant les programmes ? Conclusions attendues fin juin.
La difficulté est donc financière. Et même si la disparition de la publicité est progressive – Jean-François Copé a évoqué sa suppression d’abord après 20 heures –, il faudra bien trouver à terme les sources de financement remplaçant intégralement les recettes publicitaires actuelles.
Absence de consensus Plusieurs pistes sont étudiées, mais aucun consensus ne se dessine. La commission a évoqué pêle-mêle : un transfert des redevances affectées à Radio France internationale (RFI) et à l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) – 140 millions d’euros au total – ; une taxe sur les surplus de recettes publicitaires réalisés par TF1 et M6 – environ 80 millions d’euros – ; ou encore une taxe de 0,5 % sur le chiffre d’affaires des opérateurs de téléphonie et d’accès Internet – 210 millions d’euros potentiels. Cumulées, ces sommes ne combleront pourtant pas le manque à gagner total de France Télévisions.
En février, Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) se disait réservée sur la création d’une taxe assise sur le chiffre d’affaires des opérateurs télécoms (cf. INC Hebdo numéro 1465). Les résultats d’un sondage commandé par l’association le mois précédent montraient en revanche qu’une grosse majorité des personnes interrogées étaient favorables à une taxe sur les surplus des chaînes privées.
Hostilité des téléspectateurs A la difficulté financière s’est ajoutée une difficulté politique. Le président de la République ne souhaite pas que la redevance audiovisuelle augmente, dans le contexte actuel de baisse du pouvoir d’achat – cela va d’ailleurs dans le sens du sondage de la CLCV : la majorité des personnes interrogées se disaient hostiles à une telle hausse. Nicolas Sarkozy a fait cette annonce surprise avant que la commission parlementaire ne rende, fin juin, le résultat de ses travaux. Pour protester contre un projet qu’ils jugent «déjà cousu de fil blanc», quatre de ses membres viennent de faire défection : les députés socialistes David Assouline, Patrick Bloche, Michel Françaix et Didier Mathus.
La redevance est aujourd’hui de 116 euros par an en France, contre 135 euros au Royaume-Uni et 206 euros en Allemagne. Pourtant, comme le défend la commission parlementaire, une simple indexation de celle-ci sur l’inflation permettrait déjà de limiter les pertes. A l’image du député Patrice MartinLalande (UMP), certains aimeraient aller au-delà en se basant sur le montant moyen de la redevance en Europe : 161 euros. Les syndicats de France Télévisions sont favorables à cette proposition. Jean-François Copé, lui, s’en remet sur cette question au président de la République. Le débat est loin d’être clos.
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