Depuis l’an dernier, une petite association enquête sur les pratiques du cybercommerçant Multidiscount. Son nom : E-litige. Créée par un ingénieur, elle ne compte que des bénévoles, dont un juriste. Son but : «aider les internautes qui rencontrent des difficultés avec les professionnels de la vente en ligne». Elle croit en la médiation mais, dans “l’affaire Multidiscount”, n’a pas hésité à envoyer des témoignages à la DDCCRF de Paris. Mi-mai, quatre personnes ont été arrêtées. L’ “animateur principal” est écroué, les autres ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. «En travaillant avec un responsable de la banque HSBC, nous avons vu que la société avait plusieurs fois changé de domiciliation en deux ans, raconte Maxime Garcia, le président d’E-litige. On a alerté le Réseau anti-arnaques mené par Pascal Tonnerre, militant issu de l’UFC-Que choisir de Quimper, qui a relayé nos infos. Une enquête est en cours d’instruction.» C’est la brigade de recherche de Paris qui la mène. Multidiscount aurait usé de prête-noms en Espagne, à Monaco, en Angleterre et sur l’île de Man. «Changement de domiciliation pour brouiller les pistes, défiscalisation maximale… voilà leurs recettes», détaille un proche du dossier. Les gendarmes sont en train de décortiquer les flux financiers transnationaux. Selon la même source, Multidiscount n’aurait pas honoré ses commandes de janvier à juin 2007. Le site a fermé durant l’été 2007. La brigade de recherche, qui a déjà recueilli 958 plaintes, fait toujours appel aux témoignages des personnes s’estimant victimes1.
E-litige regarde maintenant ce que fait Wahoodiscount. Le Réseau anti-arnaques vient de lancer une alerte à ce sujet. «Plusieurs indices mettent la puce à l’oreille, explique Maxime Garcia. La société – Netdream – a un capital faible de 1 500 euros, n’a qu’une boîte aux lettres à Blagnac en Haute-Garonne, et des internautes nous disent n’avoir jamais été livrés. La Poste a même retourné des courriers recommandés avec la mention “N’habite pas à l’adresse indiquée”.» La boîte aux lettres de Netdream se situe dans un centre d’affaires, mais la société n’y a pas de bureau. Les personnes qui ont eu un problème avec Wahoodiscount peuvent contacter la DDCCRF de Haute-Garonne2. Les comparateurs de prix ont du mal à s’y retrouver Fin 2006, la DGCCRF contrôlait douze sites comparateurs de prix : aucun ne respectait la législation, sauf un (cf.INC Hebdo numéro 1425). Ce bilan accablant a fait réagir le secrétaire d’Etat chargé du développement de l’économie numérique, Eric Besson : fin mai, il a apporté son soutien à un projet de charte de déontologie présenté par les professionnels. Sur la sellette : les méthodes de référencement, qui ne protègent pas correctement les consommateurs. La forte croissance du commerce en ligne depuis quelques années – les ventes ont bondi de 20 % durant le premier trimestre 2008 – est une des explications de l’inflation des mauvaises pratiques de petites sociétés, hébergées en France ou ailleurs en Europe.
1-Brigade de recherche de Paris, groupe III – 51, boulevard Exelmans –75016 Paris. Tél. : 01 58 80 33 64. 2-DDCCRF de Haute-Garonne – 6, boulevard Armand-Duportal – 31074 Toulousecedex. Tél. : 05 61 58 55 25.
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