Il y a des mesures pour notre sécurité qui n’ont pas fait beaucoup parler d’elles, et qui pourtant sont essentielles. C’est le cas des annonces faites le 13 février dernier par le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR). Automobilistes et cyclistes auront de nouvelles obligations à respecter dès cet été. Les décrets sont en cours d’écriture. Trafic de points Le plan présenté par le CISR comporte un volet de prévention des risques liés à l’alcool et aux stupéfiants. Une personne condamnée pour conduite sous l’emprise de l’alcool verra son véhicule équipé, «pendant une durée déterminée», d’un éthylotest antidémarrage. Le même dispositif équipera les autocars affectés au transport d’enfants à partir de septembre 2009. Les établissements de loisirs devront aussi se doter d’éthylotests électroniques. Enfin, la vente d’alcool sera totalement interdite dans les stations-service. Dans son volet “sécurité des usagers”, le CISR a annoncé l’obligation pour les automobilistes, dès le 1er juillet prochain, d’avoir dans leur véhicule un gilet dit “rétroréfléchissant” et un triangle de présignalisation. A défaut, ils pourront écoper d’une amende de 750 euros. Le décret est entre les mains du Conseil d’Etat. Deuxième mesure concernant le gilet réfléchissant : à partir du 1er septembre, les cyclistes devront en porter un la nuit, hors agglomération, sous peine d’une amende maximale de 75 euros. Le CISR prévoit enfin de nouvelles contraventions, telle cette peine de six à douze mois de prison assortie d’une amende de 15 000 à 30 000 euros contre les automobilistes qui se rendront coupables d’un «trafic de points de permis». Autre décision phare : l’information sur la réussite à l’examen du permis de conduire devra être accessible au grand public dès le 1er juin. Les sites web des préfectures et des directions départementales de l’équipement (DDE) afficheront les taux de réussite de chaque auto-école en les comparant aux taux départementaux et national. La mesure doit encore être précisée, car les petites auto-écoles craignent de devoir afficher des taux moins performants que ceux de leurs concurrentes appartenant à un réseau national. Le respect d’autrui au programme du permis D’autre part, le 21 décembre dernier, le président de la République a confié au Conseil général des ponts et chaussées(CGPC) une réflexion sur la réforme du permis de conduire. Le rapport du groupe de travail doit être rendu courant avril. Et on connaît déjà la philosophie du texte : il s’agit d’améliorer la qualité de la formation en y intégrant «plus de psychologie et d’éducation au respect d’autrui au volant». Cela passera automatiquement par une réforme du contenu de l’examen du permis. L’idée est aussi de renforcer l’éducation routière dès le plus jeune âge, et de développer la conduite accompagnée. Les “accompagnés” âgés de 16 à 18 ans ont plus facilement le permis : leur taux de réussite à l’examen est de 70 % (contre 50 %). La nouvelle formation et l’examen intégreront-ils les systèmes d’assistance à la conduite ? Rien ne l’indique pour l’instant, mais ce serait bienvenu. En décembre dernier, la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) avait adopté un avis appelant les conducteursà la vigilance quant à ces systèmes, et demandant aux pouvoirs publics de former les automobilistes à leur utilisation (cf.INC Hebdo numéro 1459). > Plus d’info :Les décisions du CISR sont présentées à l’adresse : http://www.securite-routiere.gouv.fr/IMG/pdf/DP_cisr_13_02_08.pdf Une bourse au permis pour les 18-25 ans La “bourse au permis de conduire” pour aider les jeunes à financer leur formation fait, petit à petit, son chemin. Créée en 2007 par plusieurs municipalités, comme Carcassonne, elle se développe de plus en plus depuis le mois de décembre, date de la signature d’une charte entre le secrétaire d’Etat aux transports Dominique Bussereau et l’Association des maires de France (AMF). Peuvent prétendre à cette bourse les 18-25 ans qui n’ont «pas de ressources personnelles ou familiales suffisantes pour passer le permis», à condition qu’ils effectuent en retour des travaux d’intérêt collectif pour le compte des mairies. Ce sont en effet ces dernières qui prennent en charge une partie du coût des leçons de conduite. |