Brive-la-Gaillarde mise sur l’écologie pour créer des emplois et soulager la planète… Ce qui sonne comme un slogan de campagne est aussi la belle ambition d’un des conseillers municipaux tout récemment élus dans cette sous-préfecture de Corrèze. Il s’appelle Bernard Longpré, il est technicien forestier de formation, ingénieur agronome et membre de l’association Halte incin’ qui réclame la fin de l’incinération et promeut une gestion plus saine des déchets domestiques et industriels. Savez-vous qu’un tiers du poids des restes incinérés sont des cendres très toxiques pour les sols, appelées aussi mâchefers ? Et que 60 % des mâchefers sont stockés dans des décharges ? (*)
Si le nouveau maire de Brive a choisi Bernard Longpré pour figurer sur sa liste, c’est pour mettre en place un plan de réduction drastique des déchets. Objectif : diminuer, d’ici à 2018, de 400 à 100 kg les déchets produits annuellement par chacun des 50 000 habitants de la ville.
Comment s’y prendre ? D’abord, en développant le compostage à tous les étages : dans les immeubles, les jardins individuels, les écoles et les administrations ainsi qu’en différents points du centre-ville. L’idée est simple : les cantines conserveront leurs déchets biodégradables pour les composter et les étudier en cours de biologie ; les habitants de zones pavillonnaires seront invités à acquérir un composteur individuel « pour une modique somme » ; et les habitants des immeubles verront leurs poubelles s’adapter. "Les gens ne connaissent pas assez la valeur de leur terreau, estime Bernard Longpré. Un compost bien fait retient plus d’eau que de la terre de base et est plus riche en nutriments : les gens feront des économies puisqu’ils auront besoin de moins d’eau et de moins d’engrais".
Deuxième axe de cette politique : la mise en place de la pesée embarquée. Il s’agit, là encore, de responsabiliser les consommateurs. Les modalités d’application de la mesure ne sont pas arrêtées, mais l’idée est de faire payer les pollueurs… c’est-à-dire les habitants ! Ils pourraient s’acquitter d’une somme en fonction de la quantité de déchets qu’ils produisent, pesée par le camion au moment de la collecte. Dans les pays qui appliquent déjà la mesure, les consommateurs ont laissé les suremballages de leurs produits dans les caddies, obligeant la grande distribution à demander leur suppression auprès des fabricants.
Revendre les pièces détachées Dernier point : un "parc industriel du déchet" devrait être créé. Avec des emplois à la clé, puisqu’il s’agit de dépecer un grand nombre de produits à la main et de revendre ensuite toutes les pièces détachées encore utilisables. "Nous souhaitons faire comme la ville d’Halifax au Canada, précise Bernard Longpré. C’est la politique du "zéro déchet" : il ne faut plus produire de déchet qui ne soit pas rechargeable, réparable ou recyclable".
(*) Cf. le rapport écrit en 1999 par les parlementaires Gérard Miquel et Serge Poignant : www.senat.fr/rap/o98-415/o98-4150.html
Le compostage domestique, qu’est-ce que c’est ?
Très peu d’enseignes les vendent pour l’instant, mais il existe des bacs à compost pour ceux qui habitent en immeuble ou qui n’aiment pas trop sortir dans leur jardin… Ils sont rares et sont généralement fabriqués par de très petites entreprises comme Vers la terre, installée à Pézenas (Hérault), ou Terre native, implantée à Dolomieu (Isère). Le réseau des magasins Nature et Découvertes en commercialise aussi. Comment fonctionne ce système dit de “lombricompostage” ? Vous insérez dans votre bac des vers de terre qui accélèrent le processus de décomposition des matières biodégradables, et au bout de quelques semaines – voire quelques jours – vous récupérez soit un liquide, soit de l’humus qui peuvent être versés sur la terre de vos plantes.
La philosophie du "lombricompostage" est de considérer ses déchets différemment. « Vous aurez plus conscience de ce que vous jetterez, mangerez… et achèterez », prédit Agnès Allart, la fondatrice de Vers la terre.
> L’association Familles rurales organise une réunion d’information sur le compostage domestique le 5 avril de 18 à 20 heures dans la salle des fêtes de Saint-Aulaire (Corrèze). |
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