Les mentions “bio” et “naturel” alléguées par certains savons, parfums, crèmes sontelles justifiées ? Pour le savoir, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a enquêté en 2006 auprès de 139 distributeurs : parfumeries, salons de beauté, hypermarchés, magasins bio… Globalement, elle n’a pas constaté de problèmes graves. Eau florale sans pétales La plupart des produits font référence à la certification d’un organisme tiers, par exemple Ecocert, Qualité-France, Cosmébio ou encore Nature et Progrès. Cette référence était abusive dans un seul cas, selon les enquêteurs. Le fabricant en question a écopé d’un procès-verbal établi en particulier sur la base de l’article L. 115-30 du code de la consommation, qui sanctionne ce type de pratique. La DGCCRF a également constaté plusieurs anomalies que l’organisme certificateur n’aurait pas dû laisser passer. Ainsi, un produit indiquait contenir à tort un hydrolat de rose biologique, c’est-à-dire une eau florale obtenue par distillation de pétales de rose. En réalité, il s’agissait vraisemblablement d’une simple eau aromatisée. Dans un autre cas, la concentration en ingrédients d’origine naturelle n’était pas exacte. Enfin, un produit était étiqueté uniquement en langue anglaise. La DGCCRF a souhaité pousser son analyse plus loin dans 47 cas. Les prélèvements ont permis de découvrir six produits non conformes ou à suivre : des molécules de synthèse étaient présentes alors que l’étiquetage portait les mentions “bio” ou “naturel”. Une entreprise commercialisant des laits de toilette pour bébé a ainsi écopé d’un procès-verbal pour publicité trompeuse. Au total, trois procès-verbaux ont été dressés. Enfin, huit rappels à la réglementation et une notification d’information réglementaire ont été établis parce que l’entreprise déclarée sur l’emballage n’a pu fournir le dossier prévu par l’article L. 5131-6 du code de la santé publique. Ce dossier doit rassembler toute information utile sur le produit : formule, spécifications physico-chimiques et microbiologiques, conditions de fabrication et de contrôle, évaluation de la sécurité pour la santé humaine ou encore effets indésirables… Rappelons que les logos “Cosmétique bio”, “Cosmétique éco”, “BDIH” et “Nature et Progrès” garantissent l’utilisation d’ingrédients végétaux issus de l’agriculture biologique, sans toutefois garantir que l’ensemble des autres ingrédients est bien bio. Le cahier des charges est, en outre, plus ou moins strict. Si le logo “Nature et Progrès” garantit que tous les végétaux utilisés sont d’origine biologique, “Cosmétique éco” n’en garantit qu’un minimum de 50 %… et au minimum 5 % d’ingrédients bio sur le total des substances utilisées. Autrement dit, les ingrédients chimiques demeurent autorisés (à l’exception des parfums, colorants de synthèse et glycols). Les conservateurs synthétiques, eux, sont limités au strict minimum. |