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 ©Thinkstock De – 4 à + 6 % sur les factures d’électricité : tous les ménages ne sont pas logés à la même enseigne
La hausse des tarifs réglementés du 15 août n’est pas uniforme, le coût de l’abonnement et le prix du kilowattheure variant selon la puissance souscrite et l’option choisie. Un vrai maquis tarifaire. Avec notre outil de calcul, estimez l'évolution de votre facture annuelle.
Comme l’été dernier (voir notre article du 3 septembre 2009), EDF vient de modifier la totalité de sa grille tarifaire. Le gouvernement a signé un arrêté le 12 août 2010, suite à un avis émis la veille par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Et comme l’été dernier, l’électricien a pensé davantage en termes industriels et financiers qu’en termes sociaux. Selon les mots du gouvernement, l’objectif affiché est à nouveau de « rapprocher les prix des coûts réels générés, afin d’assurer que chaque client paie le juste prix de l’électricité qu’il consomme ». L’ancienne entreprise publique admet aussi sans fard qu’elle a besoin de financer le prolongement de la durée de vie de certaines centrales nucléaires, et la construction de nouveaux réacteurs. Elle avance enfin que l’électricité française reste inférieure de 25 à 35 % à la moyenne européenne. Plusieurs associations de consommateurs se demandent si l’ouverture à la concurrence de ce marché au niveau de l’Union n’est pas destinée, à terme, à uniformiser les prix. De 6 à 50 € de plus par an… en moyenne Selon le gouvernement, l’augmentation pour les ménages est, en moyenne, de 3 %. Il détaille : « L’impact moyen sera de 0,50 à 4 € par mois. » Soit une hausse annuelle moyenne de 6 à 50 €. Pour le gouvernement, « cela pourra être compensé par des actes simples d’économie d’énergie (extinction des appareils en veille, ampoules basse consommation, etc.) ». Mais cette fourchette cache en fait de grandes différences de traitement. Les prix de l’abonnement et du kilowattheure varient selon la puissance souscrite et l’option choisie (de base, heures pleines-heures creuses, Tempo). L’Institut national de la consommation (INC) a étudié la nouvelle grille tarifaire d’EDF et concocté une feuille de calcul grâce à laquelle vous pouvez estimer l’impact réel sur votre facture. Selon nos estimations, tous profils confondus, les évolutions vont de – 4 à + 6 %. Une très bonne année pour les plus gros consommateurs Dans le cas d’un contrat « option de base », les plus petits consommateurs (puissance limitée à 3 ou 6 kilovoltampères, kVA) sont les plus mal lotis. Le prix de leur kilowattheure augmente de 1,4 % ou 1,8 %, et leur abonnement annuel de 4,3 % ou 7,8 % ! Par exemple, un foyer équipé d’un disjoncteur limité à 6 kVA (environ 6000 watts) voit son abonnement passer de 77 à 83 €, et sa facture annuelle augmenter de 12 € s’il consomme 3 000 kWh. En revanche, pour les consommateurs aux installations plus gourmandes (9, 12 ou 15 kVA), 2010 est une très bonne année : pas d’augmentation du kilowattheure… et baisse de l’abonnement annuel. Les heures pleines et heures creuses progressent de 7 % ! Mauvaise passe pour les abonnés à l’« option heures pleines-heures creuses ». Le prix du kilowattheure grimpe de près de 7 %, quelles que soient l’heure de consommation et la puissance souscrite. En compensation, les abonnements diminuent un peu. À 6 kVA, les abonnés paient 2 € de moins par an. À 9 et 12 kVA, ils économisent au moins 30 € chaque année. Tout cela pris en compte, la facture finale reste globalement orientée à la hausse, surtout pour les petits consommateurs. Par exemple, un foyer consommant 3 500 kWh par an et ayant souscrit une puissance de 6 kVA verra sa facture totale prendre 5 % ! Les abonnés ayant très peu d’appareils fonctionnant en heures creuses doivent étudier la question de près : ne faut-il pas abandonner cette option ? Les abonnés à l’option « Tempo » voient leur abonnement et les différents tarifs du kilowattheure augmenter de 3 % de façon assez uniforme. L’option « Tempo » fonctionne avec les heures pleines et creuses, auxquelles se greffent trois niveaux de prix du kilowattheure selon la période tarifaire de l’année (300 jours bleus, 43 jours blancs, 22 jours rouges). « Au détriment des usagers » L’Association force ouvrière consommateurs (Afoc), la Confédération nationale du logement (CNL) et l’Union fédérale des consommateurs (UFC-Que choisir) déplorent la hausse du 15 août. « Elle s’inscrit dans la tendance générale à l’augmentation des prix de l’énergie », note l’Afoc, qui insiste sur la difficulté des 3,4 millions de foyers en situation de précarité énergétique (voir notre article du 20 janvier 2010). Pour la CNL, cette augmentation « inacceptable et scandaleuse » est un signe que « l’ouverture du marché à la concurrence et la privatisation d’EDF se font au détriment des usagers ». Quant à l’UFC-Que choisir, elle critique une hausse supérieure à l’inflation et contraire à « l’engagement pris par EDF et l’État » dans le contrat de service public d’octobre 2005. Elle ajoute que le projet de loi portant nouvelle organisation du marché de l’électricité (voir notre article du 19 mai 2010) « va faire flamber les tarifs réglementés d’ici à 2015 ».
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