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Obésité infantile : un collectif d’associations interpelle le gouvernement sur le « triple échec » de sa charte de bonne conduite
Les sept organisations, dont l’UFC-Que choisir, demandent que seules soient autorisées les publicités télévisées pour les « aliments ayant un intérêt nutritionnel ».
Côté pile : l’annonce par l’Élysée, au mois de mai, du lancement d’un plan triennal de lutte contre l’obésité doté de 140 millions d’euros. Côté face : le constat de « triple échec », dressé par un collectif associatif, de la charte sur les publicités télévisées des aliments gras et sucrés.
Sept associations¹ tirent ainsi à boulets rouges sur ce texte censé contribuer à la prévention de l’obésité infantile, négocié avec le gouvernement et signé en février 2009 par l’industrie agroalimentaire et des chaînes de télévision (voir nos articles du 22 août 2008 et du 19 février 2009).
Des programmes éducatifs financés par l’industrie
Le collectif d’associations appuie ses critiques sur le bilan des douze premiers mois d’application de cette charte, publié en juin par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), pour dénoncer un dispositif qui « n’a pas permis de limiter le matraquage publicitaire pour les produits gras, sucrés ou salés ».
Les associations regrettent que le contenu éditorial des programmes éducatifs financés par les industriels « reste sous la seule responsabilité de l’industrie et des médias ». De plus, poursuivent-elles, le volume de ces programmes éducatifs est « ridiculement faible au regard du déferlement publicitaire quotidien ».
Les associations demandent des mesures législatives
Le CSA met en avant « plusieurs propositions en vue d’accroître l’efficacité du dispositif ». De son côté, le collectif associatif veut se faire entendre en exigeant des « mesures législatives » plus efficaces qu’aujourd’hui : la gratuité de la diffusion des campagnes de l’Inpes sur l’équilibre alimentaire ; « des tarifs plus accessibles pour les campagnes [de promotion] des fruits et légumes » ; la validation des programmes éducatifs de l’industrie par le programme national nutrition santé (PNNS) ; et « la limitation des publicités destinées aux enfants aux seuls aliments ayant un intérêt nutritionnel ».
L’enjeu est toujours de limiter les risques liés à l’obésité et au surpoids, qui touchent respectivement 3,5 % et 14,3 % des enfants de 3 à 17 ans.
Une étude de la CLCV pointe la responsabilité des enseignes de fast-food
Même si des progrès restent à faire, ce problème de santé publique est généralement traité avec attention par les gestionnaires de cantines scolaires. Mais la restauration rapide, elle, a toujours de gros efforts à fournir. Dans une étude publiée début juin, l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) a analysé les menus enfants les plus complets (« menus gourmands ») et les menus « intermédiaires » commercialisés par les grandes enseignes – Brioche dorée, KFC, McDonald’s et Quick. Elle constate qu’ils ne sont pas conformes aux recommandations nutritionnelles : en un seul repas, ils apportent trop de calories, de sel, de sucres et de matières grasses.
La CLCV prend l’exemple d’un garçon de 5 ans ayant une activité physique soutenue au cours de la journée. « Les menus “enfants” dans leurs versions “gourmandes” couvrent entre 45 et 53 % des besoins caloriques journaliers, écrit-elle. Les apports en matières grasses sont compris entre 47 et 60 % des besoins. Ces chiffres sont très élevés puisque, généralement, le déjeuner des enfants [est censé apporter] environ 34 % des calories et 37 % des matières grasses de la journée. »
Les menus « légers », composés notamment d’eau à la place du soda, de tomates ou de pommes de terre sautées à la place des frites, sont bien meilleurs d’un point de vue nutritionnel. Mais la CLCV estime qu’ils sont peu réalistes pour des enfants qui, en entrant dans un fast-food, attendent plutôt des frites et du soda…
——— ¹ L’Union fédérale des consommateurs (UFC-Que choisir), la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (Peep), l’Association française des diabétiques (AFD), l’Aide aux jeunes diabétiques (AJD), l’Association nationale des directeurs de la restauration municipale (ANDRM) et l’Association de la restauration collective en gestion directe (CCC France).
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