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15/10/09 - INC Hebdo n°1535  Retour  
 
Jackpot pour les nouveaux opérateurs de jeux en ligne

Les opposants à la libéralisation des jeux d’argent redoutent une montée des phénomènes d’addiction et de surendettement.

Le projet de loi relatif à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne, adopté le 13 octobre par les députés en première lecture, ouvrira-t-il la boîte de Pandore ?
Il a pour premier objectif de mettre fin au double monopole de la Française des jeux (FDJ) et du Pari mutuel urbain (PMU), et de lutter contre des sites illégaux souvent hébergés dans les paradis fiscaux. De nouvelles entreprises entreront sur ce marché, multipliant les occasions de faire tourner la machine commerciale. Par exemple, le nombre de joueurs de poker en ligne ne cesse de grimper, selon PokerScout, un site américain d’information spécialisée.

Messages de mise en garde
Le texte crée une autorité de régulation, qui attribuera des licences de jeux aux entreprises satisfaisant aux critères d’agrément ; les autres seront interdites d’accès en ligne. Certains paris hippiques et sportifs seront possibles sur la Toile, de même que certains jeux de cercle, mais un décret devra encore préciser «les catégories de paris autorisés et la proportion maximale des sommes reversée en moyenne aux joueurs par rapport aux sommes engagées par type d’agrément».

La publicité des opérateurs sera encadrée. Les sites devront indiquer de façon claire que ni les mineurs, ni les interdits de jeu ne peuvent parier ou jouer. Un message de mise en garde sera affiché. Les opérateurs «pourront consulter le fichier des interdits de jeu». Mais comment être certain que ces interdictions seront appliquées sur Internet ?

Les médecins spécialistes des addictions notent une tendance préoccupante depuis les années quatre-vingt-dix : les «joueurs pathologiques», pris dans une spirale de l’endettement et ne communiquant plus avec leurs proches et amis, multiplient les paris au fur et à mesure que de nouveaux jeux ou supports se créent. L’apparition de sites web illégaux a accru la dépendance des cas les plus sérieux. Certains joueurs occasionnels sont aussi concernés. L’ouverture à la concurrence, programmée pour le premier semestre 2010, ne devrait donc pas vraiment les aider à s’en sortir.

Toutefois, des centres spécialisés en addictologie seront soutenus par l’Etat.