Revue de presse internationale - Septembre-Octobre 2016

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


 

Lanceurs d’alerte, c’est aussi le rôle des associations de consommateurs et de leurs journaux. Voyez ainsi la double sonnette d’alarme tirée en Australie par « Choice ». D’abord sur les risques sanitaires que font courir les nouvelles confiseries hyper acidulées vendues par des fabricants qui n’hésitent pas à mettre les ados au défi de les consommer. Ce type de produit est vendu partout dans le monde, et, par son alerte, l’association australienne fait oeuvre de salut public. « Choice » a été également l’un des tout premiers relais de l’affaire des combustions de batteries des tablettes Samsung Galaxy Note 7. L’association a publié des photos et des témoignages sur les réseaux sociaux en septembre. En octobre, Samsung suspendait la vente du modèle partout dans le monde.

 

Autre étude très surprenante, celle de l’association espagnole OCU dans son magazine « Compra Maestra », dans laquelle on apprend qu’un véhicule à bas prix coûte bien plus cher à entretenir qu’un modèle de gamme moyenne de Ford par exemple. En cause, un temps d’intervention du garagiste plus long sur les modèles low cost. Là encore, les consommateurs du monde entier sont potentiellement concernés.

 

 

 

Alerte sur les bonbons acidulés

 

L’alerte a été lancée par une mère de famille, qui a partagé sur Facebook une photo du « trou » dans la langue de son fils, résultat de la consommation de bonbons acides Warheads. « Choice », l’association de consommateurs australienne a mené l’enquête auprès des parents.

 

Les témoignages alarmants dépassent de loin les souvenirs nostalgiques des bonbons acidulés de leur enfance.  « Tout juste après avoir consommé des bonbons acidulés, elle [ma fille] m’a dit que sa langue était bizarre. Elle me l’a montrée et j’ai constaté avec effroi qu’une couche de peau de un à deux millimètres avait disparu sur sa langue. Elle a subi une semaine de soins douloureux », dit Kylie. Peggy raconte, « en quelques secondes ma fille a commencé à dire que sa langue piquait. En touchant sa langue, la peau s’est mise à peler et un trou à vif est apparu. » Pour Bec, c’est son fils qui est revenu d’une soirée pyjama avec des ulcérations buccales importantes et a dû être envoyé illico chez le dentiste.

 

« Choice » a envoyé un échantillon de 20 bonbons au laboratoire pour analyser leur acidité. Chaque produit contenant entre un et quatre acides alimentaires différents, les plus courants étant l’acide citrique et l’acide malique, qui donnent aux bonbons et sucettes leur goût « acidulé ».

 

Les testeurs ont mesuré des pH inférieurs à 3 pour la majorité des bonbons acidulés. Sur l’échelle des pH, le vinaigre se situe à 3, le citron à 2, et l’acide gastrique a un pH de 1. Les bonbons TNT Mega Sour Grenade et Brain Licker Sour Candy Drink affichent même des pH inférieurs à 2 (respectivement 1,83 et 1,94). Le risque d’abîmer les tissus de la langue, des joues et des gencives est certain. Ulcérations et saignements peuvent être douloureux pendant quelques jours. Les tissus se reforment en général rapidement. Plus grave encore sont les dommages irréversibles qui peuvent être fait aux dents des enfants. Si l’on connait bien le rôle du sucre dans la formation des caries dentaires, on oublie parfois que les acides attaquent l’émail des dents. Evidemment, les produits sucrés et acidulés sont les pires : il est plus difficile pour la salive de neutraliser l’acide et les dents sont exposées plus longtemps.

 

« Choice » concède que les bonbons les plus acides, comme Warheads, TNT et Toxic Waste comportent un avertissement en petits caractères d’éventuelles irritations. Il y a même un bonbon, le Mega Sour Grenade, de la marque TNT, qui recommande de rincer à grande eau en cas de contact avec les yeux. Mais quel est leur poids quand d’un autre côté il est proposé en bien plus gros le défi de garder le bonbon le plus longtemps possible dans la bouche pour être couronné « full toxic head » si l’enfant tient plus de 60 secondes !

 

Parce qu’aucune disposition de sécurité n’existe en Australie pour encadrer ces produits destinés aux enfants, « Choice » propose que la prochaine révision du droit de la consommation (Australian Consumer Law) qui aura lieu en fin d’année intègre des dispositions afin que les produits distribués en Australie soient sûrs.

 

Source : Choice (Australie), août 2016

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« Choice » est la principale association de consommateurs en Australie, avec plus de 170 000 adhérents. Elle a été créée en 1959 sous le nom de Australian Consumers Association. L'organisation est très connue pour ses  « Shonky Awards » (« prix citron »), un palmarès annuel qui souligne le comportement douteux ou malhonnête d'entreprises.

 

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Entretien automobile : des surprises plein gaz

 

L’achat d’une voiture low cost ne garantit pas des coûts de maintenance réduits ! Pendant les premiers 100 000 km, une Dacia Duster ou Sandero reviennent plus cher à entretenir que la majorité des modèles de voitures les plus vendus en Espagne.  C’est la surprise de l’étude publiée par l’association de consommateurs OCU dans son journal « OCU Compra Maestra ».

 

OCU a comparé le coût d’entretien et de réparation de 28 véhicules pendant les premiers 100.000 kilomètres, en tenant compte de variables telles que la nature des ateliers (concessionnaire officiel ou garagiste indépendant), les tarifs horaires de main d’œuvre et le nombre d’heures nécessaires aux interventions sur le véhicule.

 

Le coût moyen s’établit à 678 euros suivant le type de garagiste (officiel ou indépendant) et le nombre de visites de révision recommandées. C’est ainsi que chez Ford l’entretien est peu onéreux avec ses 5 révisions recommandées alors qu’à l’opposé Mercedes est beaucoup plus cher, malgré seulement 4 révisions recommandées. La grande surprise a été le coût d’entretien des véhicules de marque Dacia, des véhicules à bas coût, dont le temps d’intervention nécessite le double du temps de révision des autos comme Opel Corsa ou encore Nissan Qashqai.

 

OCU dévoile que ce qui pèse le plus sur la facture sont le remplacement et la révision des plaquettes de frein, des amortisseurs et de l’embrayage. Si le coût des pièces de rechange est élevé, ce sont les temps de réparation et le coût horaire qui varient fortement d’un modèle à l’autre.

 

Source : OCU Compra Maestra (Espagne), juillet-août 2016

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L'Organisation des Consommateurs et Usagers (OCU) est la plus ancienne association de consommateurs en Espagne. Née en 1975, OCU compte plus de 300 000 membres sociétaires qui, par leurs contributions, financent les activités de l'organisation. OCU publie un journal mensuel « OCU Compra Maestra » et des magazines sur des questions spécifiques sur la santé et les finances personnelles. OCU fait partie d’Euroconsumers, un groupement fondé en 1990 avec d’autres associations de consommateurs de Belgique (Test-Achats), d’Italie (Altroconsumo) et du Portugal (DECO). L’association est membre du BEUC et de Consumers International depuis 1978. Depuis 1982, l’OCU est membre actif de l’International Consumer Research & Testing (ICRT). L'OCU est également présent dans différents organismes représentant les consommateurs au niveau européen, tels que Groupe consultatif européen des consommateurs (GCEC).

 

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Santé au Portugal : les chiffres vérité

 

Le Portugal est le pays de l’Union européenne où le reste à charge est le plus élevé pour les patients. On y consacre 3,9 % du budget familial, contre 2,8 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. La dépense annuelle de l’Etat pour chaque Portugais se monte à 1 684 €, contre 2 520 € en moyenne dans les Etats de l’OCDE.

 

Le Portugal est aussi le pays où l’on attend le plus pour avoir un rendez-vous.  Alors que la loi fixe le délai d’attente pour une première consultation médicale à l’hôpital à 150 jours, elle n’est respectée que pour un quart des consultations. L’association de consommateurs DECO a relevé par exemple, au premier trimestre 2016, jusqu’à 1501 jours d’attente pour une consultation en stomatologie, et jusqu’à 765 jours en ophtalmologie. En chirurgie non oncologique, au premier trimestre 2016, il y avait jusqu’à 408 jours de délai en orthopédie et jusqu’à 220 jours en cardiologie.

 

C’est pourquoi  DECO propose un nouveau service pour ses adhérents. L’organisation de consommateurs a négocié un accès privilégié à quelques spécialités médicales où la situation est la plus critique, comme la stomatologie et l’ophtalmologie. Un site dédié permet de s’inscrire pour bénéficier de ces avantages www.maissaudeja.pt

 

Source : Proteste (Portugal), juillet-août 2016

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Les activités de DECO (Defesa do Consumidor) sont menées par deux entités juridiques : DECO, Association portugaise de défense des consommateurs, et DECO Proteste Editions. DECO est membre du Bureau européen des unions de consommateurs  (BEUC), de Consumers International  (CI) et de International Consumer Research & Testing (ICRT).

 

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Nostalgie : 15 tourne-disques pour écouter des vinyles

 

En Belgique, on peut acheter des disques vinyles dans les rayons de Carrefour, des platines disques dans le catalogue La Redoute. L’association de consommateurs belge Test Achats constate que la nostalgie s’assume et côtoie de nouvelles manières de consommer la musique comme l’écoute en ligne (streaming). Les ventes sont en croissance de 300 %  depuis 2010 et 200 000 disques vinyles ont été vendus en 2015. Les adeptes ne jurent que par sa qualité sonore à la fois vraie et chaleureuse.

 

Test Achats a fait un essai comparatif de 15 tourne-disques entre 90 et 450 €, dont plusieurs modèles qui permettent de réaliser des copies numériques. Le choix du modèle se fait selon ses propres priorités : qualité du son, numérisation, prix. L’association de consommateurs conseille de ne pas acheter les modèles d’entrée de gamme si l’on attache de l’importance à la qualité du son. Le meilleur, le Rega RP1, coûte au minimum 300 €.

 

Source : Test Achats magazine (Belgique), juin 2016.

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L’asbl Test-Achats a été fondée en 1957 par des bénévoles. Test-Achats a évolué pour devenir une grande association de consommateurs qui, grâce à sa collaboration avec d'autres organisations, notamment en Espagne, Italie, Portugal et Brésil, joue désormais aussi un rôle au niveau européen et mondial. L’association est membre fondateur de l’IOCU (International Organisation of Consumers Unions), Consumers International aujourd’hui. En plus de son mensuel phare et d'un bimensuel spécialisé en santé, Test-Achats publie des périodiques d'informations et de conseils financiers : Test-Achats Invest et Fonds & Sicav.

 

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Alain-Henri Duval
Service juridique, économique et de la documentation

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