Revue de presse internationale - Novembre-Décembre 2016

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


 

Le marketing, voici un mot intelligible dans toutes les langues et une matière qui fait des ravages auprès des consommateurs, un peu partout dans le monde développé.

Il revient aux organisations de consommateurs et à leurs journaux d’en détecter sans relâche les chausse-trappes, d’alerter constamment sur les ficelles, d’en dénoncer périodiquement les excès, car au mieux certains effets du marketing conduisent à des achats d’impulsion et au pire relèvent de l’esbroufe la plus complète.

De tout cela, les Australiens de Choice en ont fait un événement national, relayé par les principaux médias du pays.

Les prix citron sont d’autant plus acidulés qu’ils sont décernés nommément, à plusieurs produits et services s’étant distingués pour leurs allégations marketing.

C’est le cas de bouteilles d’air pur des montagnes vendues sans vergogne dans les grandes surfaces, dont les vertus relèvent du placebo.

L’assistant d’Amazon, nommé Alexa, est lui aussi un avatar du marketing, cet art qui consiste à nous faire acheter ce dont nous n’avons pas nécessairement besoin.

Voilà bien un exemple de la grande solitude qui nous menace : ce robot Alexa propose à l’homme ou à la femme moderne d’exécuter 1 400 tâches, dont celle de raconter des blagues. C’est bien triste.

 

 

 

"Green and Clean" brasse de l’air

 

Comme tous les ans depuis 2006, Choice organise le concours « Shonky awards ». Dans ce palmarès, l’association de consommateurs épingle les allégations santé les plus douteuses, les pratiques marketings les plus sournoises, et les pires produits en vente en Australie.

"Green & Clean" remporte une mention spéciale. L’entreprise basée à Sydney a trouvé une réponse à la pollution atmosphérique en mettant en bouteille un peu d’air pur d’Australie. Elle commercialise des sprays enfermant de l’air « capturé » dans des sites remarquables tels que la Tasmanie ou les Montagnes bleues  afin que l’on puisse « en profiter n’importe où n’importe quand ».

Le site Internet de "Green & Clean" avance que « bien qu’il n’y ait pas d’études relatives aux effets de l’apport de petites quantités d’air pur chez les personnes vivant dans des zones polluées, nombreux sont ceux qui pensent qu’un peu d’air pur est mieux que rien ». Choice est dubitatif, les experts aussi. « Sachant qu’une personne, en moyenne, respire 5 à 8 litres d’air par minute au repos, il semble hautement improbable qu’un aérosol ait un effet significatif en diluant une atmosphère de moindre qualité », affirme le Professeur Guy Marks, épidémiologiste à l’Institute of Medical Research de Woolcock.

Combien coûterait-il de vivre uniquement d’air pur australien ? Choice a fait le calcul. Un lot de 12 aérosols revient à 246,24 dollars australiens, et chaque bombe contient au mieux 255 bouffées d’air. Un adulte prend 14 respirations par minute, soit 20 160 par jour, et plus de 4,3 millions par an. Sachant qu’une personne âgée de 18 ans a une espérance de vie de 60 ans, elle a le temps de respirer 441 millions de fois. Il faudrait donc 1 732 584 flacons de "Green & clean", pour un coût total sur 42 ans de  plus de 35 millions de dollars, hors frais d’expédition.

 

Source : Choice (Australie), octobre 2016

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« Choice » est la principale association de consommateurs en Australie, avec plus de 170 000 adhérents. Elle a été créée en 1959 sous le nom de Australian Consumers Association. L'organisation est très connue pour ses  « Shonky Awards » (« prix citron »), un palmarès annuel qui souligne le comportement douteux ou malhonnête d'entreprises.

 

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Alexa, le majordome d’Amazon

 

Les ingénieurs de Consumer Reports, le journal de l’association de consommateurs américaine Consumers Union, ont testé l’assistant virtuel intelligent conçu par Amazon. L’assistant virtuel Alexa ne fait pas encore la vaisselle, mais peut jouer de la musique, faire les courses, allumer la lumière... Alexa répond à la voix de ses maîtres, et accomplit jusqu’à 1 400 tâches : donner les prévisions météorologiques, raconter des blagues, remplacer le coach de fitness…

En matière d’organisation, l’appareil n’offre rien que de très classique : rappel vocal d’une date anniversaire, d’un rendez-vous médical… Alexa déclame le bulletin météo et fait une synthèse des actualités du jour à partir des sources que vous avez pré sélectionnées. Alexa officie en cuisine avec son immense base de données de recettes et ses 12 000 cocktails qu’il peut envoyer sur votre téléphone mobile tout en répétant chaque étape de la préparation à l’infini.

Le majordome virtuel fait aussi les courses. A la commande « Alexa, commande du papier toilette ! », l’assistant se connecte à Amazon et renouvelle la dernière commande de papier toilette enregistrée sur le site. La liste des produits est encore limitée et l’on regrettera qu’il ne soit possible que de commander des produits déjà achetés sur Amazon par le passé. De la même façon, on peut commander son repas d’un simple ordre de la voix.

Alexa joue une très large sélection de musique - gratuite ou depuis le catalogue Amazon - lit des e-books… avec un petit accent synthétique, regrette Consumer Reports. Alexa raconte aussi des blagues à la demande, un peu datées d’après les testeurs. Alexa allume la lumière, ferme les volets, ajuste le thermostat… si l’on a équipé sa maison d’un matériel spécifique encore assez cher.

Selon Consumer Reports, les assistants virtuels comme Alexa vont encore se développer. Google et Apple lanceront bientôt le leur. Imaginez le nombre de tâches qu’ils pourront réaliser, avec les informations personnelles qu’ils détiennent déjà sur nous, ajoute Consumer Reports avec malice.

 

Source : Consumer Reports (Etats-Unis), septembre 2016

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Fondée en 1936, Consumers Union (CU) publie le magazine Consumer Reports, le site Internet ConsumerReports.org et deux bulletins, Consumer Reports on Health et Consumer Reports Money. Ses sites et publications comptent plus de 7 millions d’abonnés. L'association a également plus de 500.000 militants en ligne qui l'aident dans ses actions en faveur de l'intérêt des consommateurs. CU est membre de Consumers International (CI) et de International Consumer Research & Testing (ICRT).

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Vous ne savez pas (toujours) ce que vous mangez !

 

Trois ans après l’affaire de la viande de cheval, l’association de consommateurs néerlandaise Consumentenbond a analysé 150 produits. Et une fois sur cinq, l’aliment retrouvé n’est pas celui annoncé. Vous avez même une chance sur deux que votre kebab, shawarma ou curry d’agneau soit à base de bœuf ou de dinde et ne contienne au mieux que des traces d’agneau.

Du boeuf ou de la dinde pour de l’agneau, mais aussi du colin pour de la morue, des feuilles d’olivier pour de l’origan et des huiles d’olive de qualité médiocre au lieu de l’extra vierge, voici quelques exemples présentés dans cette étude. Ils démontrent que l’industrie alimentaire et le gouvernement ont encore du travail à faire pour empêcher la fraude. A  l’issue du scandale alimentaire du cheval, le Consumentenbond avait pourtant préconisé un renforcement des contrôles. Tant que les tricheries ne seront pas mieux détectées, les filières alimentaires continueront à mettre du merlu dans leurs brandades et du beurre dans leurs épinards.

 

Source : Consumentengids (Pays-Bas), octobre 2016

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L’association de consommateurs à but non lucratif « Consumentenbond » (CB) a été fondée en 1953 et compte plus d’un demi-million de membres. L’ONG publie des journaux sous la marque « Consumentengids », des livres, et possède le site Internet qui compte le plus grand nombre d’abonnés aux Pays-Bas. En plus de réaliser des tests comparatifs, CB offre des services d’aide au choix, des avantages financiers et un service personnalisé aux membres et aux non-membres. En 1960 CB était l'un des cinq membres fondateurs de Consumers International (CI). CB a participé à la création du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) en 1962.

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Trop de sodium dans les médicaments effervescents

 

Alors que les nutritionnistes ne cessent de rappeler que nous consommons trop de sel, qui favorise l’hypertension artérielle et les maladies cardiovasculaires, on a tendance à oublier que les médicaments sous forme effervescente contiennent aussi de fortes concentrations de sodium.

Konsument, le journal de l’association de consommateurs autrichienne VKI, a analysé 20 médicaments et 6 compléments alimentaires. Les médicaments sont principalement indiqués pour lutter contre douleurs et fièvre.  Les compléments alimentaires sont des vitamines et des minéraux, notamment du magnésium.

Les ingénieurs de Konsument ont trouvé des différences significatives en termes de quantité de sodium par comprimé effervescent. La valeur la plus basse était de 0,07 grammes (calcium D-Sandoz). A l’opposé, pour un médicament expectorant (Bronchoverde Hustenlöser 50mg), un seul comprimé effervescent contient 0,64 grammes de sodium. C’est-à-dire qu’en prenant un seul comprimé de ce médicaments, on dépasse les besoins journaliers recommandés en sodium (soit 0,55 grammes). Et on se situe à 43% de l’apport maximal recommandé par l’American Heart Association, qui met la barre à 1,5 gramme. Autant dire qu’entre hypertension et soin des bronches il faut choisir !

 

Source : Konsument (Autriche), septembre 2016

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VKI, Verein für Konsumenteninformation, est une organisation à but non lucratif qui a été fondée en 1961. L’association de consommateurs a une longue tradition de réalisation d’essais de biens et services, dont les résultats sont publiés dans son magazine mensuel "Konsument". VKI travaille en étroite collaboration avec la Stiftung Warentest (Allemagne). L’association est membre du Bureau européen des unions de consommateurs  (BEUC), de Consumers International (CI) et d’International Consumer Research & Testing (ICRT). VKI est habilité à engager des affaires judiciaires au nom du ministère fédéral autrichien des Affaires sociales et de la protection des consommateurs.

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Alain-Henri Duval
Service juridique, économique et de la documentation

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