Revue de presse internationale - Novembre-Décembre 2015

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


 

Ne soyons pas dupes

 

Tous les moyens sont bons pour gagner plus d’argent sur le dos des consommateurs, et ceci quels que soient les pays. Des moyens économiques, et juridiques, comme celui de profiter de mauvaises récoltes d’olives à venir pour anticiper et amplifier la répercussion sur les prix de l’huile d’olive, comme en Espagne, ou celui de conserver abusivement les dépôts de garantie des abonnées au gaz, à l’eau ou à l’électricité, comme au Portugal.

 

Des moyens marketing, comme celui de faire croire que les produits sans gluten, souvent plus chers que les autres, seraient également plus sains pour la santé, alors qu’ils contiennent davantage de conservateurs et d’épaississants, comme le démontrent les Italiens…

 

Des moyens pratiques comme la tendance persistante des compagnies aériennes à rétrécir l’espacement entre les sièges dans les avions, jusqu’à enlever le deuxième cabinet de toilettes pour installer quelques fauteuils supplémentaires, comme l’ont observé les Anglais.

 

Heureusement, les magazines conso sont là pour que personne ne soit dupe…

 

 

 

 

Que se passe-t-il avec le prix de l’huile en Espagne ?

 

Le prix de l’huile d’olive a augmenté de 23% en un an et même de 50% depuis un an et demi, une augmentation bien supérieure à l’indice des prix à la consommation. Le litre valait en moyenne 2,52 € en mai 2014. Il est passé à 3,79 € en octobre 2015. Ces dernières semaines, les hausses continuent, s’inquiète l’association de consommateurs OCU dans l’éditorial de son journal « OCU Compra Maestra ». L’huile d’olive est « le produit phare de notre régime méditerranéen, celui qu’en théorie nous suivons tous ». C’est aussi un produit d’appel utilisé par tous les supermarchés pour attirer la clientèle.

 

L’Espagne est le premier producteur d’huile d’olive, avec une structure de production complexe dont dépendent des milliers de familles. Ce produit porte aussi une longue histoire de fraude, de manipulation des prix, d'absence de concurrence et de spéculation. Les variations du prix de l’huile d’olive sont logiques, puisque la récolte n’est pas la même d’année en année. La campagne 2014 a été l’une des pires des dernières décennies. La ministre de l’Agriculture d’Andalousie estime que la production d’huile de la campagne 2014-2015 se situait 42% en dessous de la moyenne des cinq dernières récoltes. Ceci explique les hausses de prix subies par les Espagnols mais ne justifie en aucun cas les augmentations importantes de cet automne. Cette fois-ci, les prix augmentent en flèche avant même le début de la récolte.

 

OCU dénonce cette spéculation sur la matière première. Une inflation pour le bénéfice de quelques-uns, au préjudice des plus modestes. Les augmentations sont telles que déjà des consommateurs recherchent des alternatives et se privent de ce joyau gastronomique.

 

Source : OCU Compra Maestra (Espagne), novembre 2015

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L'Organisation des Consommateurs et Usagers (OCU) est la plus ancienne association de consommateurs en Espagne. Née en 1975, OCU compte plus de 300 000 membres sociétaires qui, par leurs contributions, financent les activités de l'organisation. OCU publie un journal mensuel « OCU Compra Maestra » et des magazines sur des questions spécifiques sur la santé et les finances personnelles. OCU fait partie d’Euroconsumers, un groupement fondé en 1990 avec d’autres associations de consommateurs de Belgique (Test-Achats), d’Italie (Altroconsumo) et du Portugal (DECO). L’association est membre du BEUC et de Consumers International depuis 1978. Depuis 1982, l’OCU est membre actif de l’International Consumer Research & Testing (ICRT). L'OCU est également présent dans différents organismes représentant les consommateurs au niveau européen, tels que Groupe consultatif européen des consommateurs (GCEC).

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Contrats d’électricité, d’eau et de gaz : 18 millions d’euros à récupérer

 

Avant juin 1999, les fournisseurs d’électricité, d’eau et de gaz exigeaient un dépôt de garantie pour la mise à disposition du compteur d’énergie. Cette obligation a été levée pour tous les services publics essentiels. Les consommateurs Portugais auraient dû récupérer leur dépôt de garantie. C’est loin d’être le cas pour la majorité d’entre eux. C’est ce qu’a découvert DECO, la principale association de consommateurs du Portugal, qui a lancé une grande campagne intitulée « Réveillez-vous ! Récupérez l’argent de votre dépôt de garantie . Un site Internet dédié https://www.dinheirodoscontadores.pt/ a été mis en place pour les accompagner gratuitement dans leurs démarches. Les consommateurs sont invités à s’enregistrer et renseigner les informations relatives à leur contrat. C’est l’association DECO qui se charge de contacter leur(s) fournisseur(s) d’énergie afin d’établir le droit à restitution des dépôts de garantie. Dans l’affirmative, DECO transmet une attestation de droit à restitution de caution à la Direção-Geral do Consumidor, l’administration en charge de la gestion et du remboursement de ces sommes. D’après les calculs de DECO, le montant total des dépôts de garantie restituables se monte à 18 millions d’euros. Plus de 99 000 consommateurs ont déjà utilisé ce service gratuit afin de récupérer leur argent.

 

Source : Proteste (Portugal), octobre 2015

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Les activités de DECO (Defesa do Consumidor) sont menées par deux entités juridiques : DECO, Association portugaise de défense des consommateurs, et DECO Proteste Editions. DECO est membre du Bureau européen des unions de consommateurs  (BEUC), de Consumers International  (CI) et de International Consumer Research & Testing (ICRT).

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Des pâtes sans gluten, mais pleines d’additifs

 

Inquiétude légitime de la principale association de consommateurs italienne Altroconsumo dans son journal du même nom. Une étude révèle que des produits « gluten free » contiennent des conservateurs et des additifs en quantités supérieures à la norme.

 

Avis aux consommateurs qui sacrifient à la mode du sans gluten. Qu’ils soient vendus en pharmacies ou dans les grandes chaînes de supermarchés n’y change rien, les aliments destinés aux personnes intolérantes au gluten contiennent des conservateurs et des additifs en quantités significativement plus élevées que les produits conventionnels. Et l’on n’est pas sûr qu’ils soient plus sains lorsque l’on considère leur taux de sucres et de matières grasses. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par l’Istituto zooprofilattico sperimentale del Piemonte (www.izsto.it) sur des produits de première nécessité « gluten free » comme le pain, les pâtes et des produits boulangers pour le petit déjeuner. Le gluten est une protéine qui sert de colle, qu’il faut remplacer par des épaississants, de la gomme et de l’huile de palme, pour le pétrissage. Ces épaississants ne seraient toutefois pas dangereux, mais on a peu de connaissance sur une exposition régulière.

 

Bonne nouvelle, aucun produit « gluten free » ne contenait de gluten ! C’est fondamental pour les personnes qui vivent avec une maladie coeliaque.

 

Source : Altroconsumo (Italie), octobre 2015

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Avec plus de 300 000 membres, Altroconsumo est la première association de consommateurs en Italie. Née en 1973 sous le nom de Comité de défense des consommateurs, elle publie des magazines et des livres pour information du consommateur, donne des consultations juridiques et mène une politique de lobbying. Les éditions Altroconsumo Ltd sont membres d'Euroconsumers S.A. (Test-achats en Belgique, OCU Compra Maestra en Espagne, Proteste au Portugal, Proteste au Brésil).

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Lingettes jetables, l’incroyable vérité

 

Les lingettes Cotonelle de Kleenex ont été nominées pour le « prix citron » de « Choice », attribué au pire produit de l’année. Une enquête du journal éditée par l’association de consommateurs Choice auprès des services des eaux et des plombiers, révèle que le succès de ces lingettes biodégradables à jeter dans les toilettes fait des ravages dans les tuyauteries australiennes.

 

La visite d’une station d’épuration le confirme, les employés doivent déboucher les canalisations toutes les deux semaines. Tous les services des eaux contactés par « Choice » confirment une augmentation de l’utilisation des lingettes biodégradables ces dernières années. 15 millions de dollars australiens sont dépensés chaque année pour déboucher les canalisations du réseau. Près de 75% des canalisations bouchées le sont par des lingettes, selon Queensland Urban Utilities. Sydney Water, la compagnie des eaux de Sydney, a retiré des canalisations plus de 1 000 tonnes de lingettes jetables ces deux dernières années. Mises bout à bout, elles pourraient faire un aller-retour Sydney-Los Angeles !

 

D’après Darren Clancy, un plombier de Sydney, le nombre d’interventions chez les particuliers pour des canalisations bouchées a sensiblement augmenté. Les clients s’étonnent quand il leur dit que ces lingettes vendues comme des produits jetables et biodégradables sont responsables des dommages. « Ils réalisent quand je leur montre la facture de 1 000 dollars ». Et les dépenses peuvent s’envoler en flèche. Jusqu’à 16 000 dollars pour des installations sanitaires qui ont explosé, ou pour un jardin inondé par des eaux usées débordant des canalisations.

 

« Choice » a fait un test en laboratoire : 12 marques de lingettes sont passées au banc d’essai, confrontées à du papier hygiénique traditionnel. Un appareil agitateur reproduisait le système d’évacuation des eaux usées pendant huit heures. En quelques minutes, le papier hygiénique a commencé à se déchiqueter et même à se désintégrer alors que toutes les lingettes sont restées intactes à l’exception de quelques petits morceaux (voir https://www.choice.com.au/flushablewipes ). Interrogés par l’association de consommateurs, les industriels comme Kimberly Clark, qui commercialise la marque Kleenex, assurent qu’ils suivent les recommandations des associations d’industriels américains et européens. Mais ce ne sont que des guides de bonnes pratiques. Il n’y a pas de normalisation dans ce domaine. « Choice » en appelle à une réglementation contraignante pour en finir avec les débordements de canalisations et les risques de pollution des ruisseaux et rivières.

 

Source : Choice (Australie), octobre 2015

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Choice est la principale association de consommateurs en Australie, avec plus de 170 000 adhérents. Elle a été créée en 1959 sous le nom de Australian Consumers Association. L'organisation est très connue pour ses  "Shonky Awards" (« prix citron »), un palmarès annuel qui souligne le comportement douteux ou malhonnête d'entreprises.

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Les sièges d’avion ont-ils rétréci ?

 

Les enquêteurs de « Which? Travel », le bimensuel édité par Consumers' Association ont tout mesuré, et le résultat est implacable : l’espacement entre les sièges a fortement rétréci au fil des années. En 1949, les passagers de l’Argonaut - un vol commercial long-courrier en service dans les années 50 et 60 - bénéficiaient tous d’un bon mètre pour allonger leurs jambes. Et il n’existait qu’une seule classe, la même pour tout le monde. Dans les années 1970, quand le tourisme de masse s’est développé, les passagers en classe Economy ont vu leur espace réduit à 86 cm sur le Boeing 707, un des avions commerciaux les plus courants à l’époque.

 

Et aujourd’hui ? En classe économie, la plupart des vols long-courriers offrent un espace de moins de 78 cm. C’est encore pire sur les vols moyen-courrier. La palme revient aux compagnies Thomson et Monarch avec un espace de 28 pouces (71,12 cm), record du monde, d’après « Which? Travel ». Zodiac Aerospace, qui équipe le nouvel Airbus A320 noe, prévoit des rangées de fauteuils tous les 69 cm. Alors que la taille moyenne de l’homme britannique a augmenté de 5 cm en cinquante ans, l’espace pour ses jambes a été réduit de 29% depuis 1949. Dans le même temps, on a sensiblement réduit la largeur des fauteuils.

 

L’espacement n’est pas réglementé. Le nombre maximum de sièges équipant un avion est seulement limité à la capacité de l’évacuer complètement en 90 secondes. British Airways vient de transformer 95 avions de sa flotte moyen-courrier pour ajouter 6 sièges sur les A320 et 7 sur les A321. EasyJet a fait passer sa capacité de 180 à 186 sièges. En mars 2015, Airbus a reçu l’autorisation de faire passer l’A320 neo de 180 à 195 sièges. Et la compagnie a annoncé qu’elle allait mettre 11 sièges par rangée au lieu de 10 sur ses A380.

 

Ces réductions s’accompagnent tout de même de quelques innovations technologiques : des sièges plus fins dans des matériaux plus techniques, sensés améliorer le confort du passager. Mais selon « Which? Travel », ce n’est pas tant pour améliorer le confort des passagers que pour gagner de l’espace. D’après une récente enquête auprès des lecteurs, la majorité des britanniques (55%) trouve ces nouveaux fauteuils « Slimline Economy » moins confortables.

 

Conséquence des taux de remplissage optimisés pour un nombre plus important de sièges, les queues pour se rendre aux toilettes s’allongent. Comme si cela ne suffisait pas, certaines compagnies suppriment des cabines de toilettes pour gagner de l’espace… et installer quelques fauteuils. Comme British Airways, qui a supprimé une cabine WC sur ses vols A319 pour Nice, Bruxelles et Stockholm. Lorsqu’à force de patience vous avez enfin atteint les toilettes, vous devez encore vous contorsionner à l’intérieur. Boeing vient d’annoncer qu’il réduit l’espace WC de 20 cm sur ses avions 777.

 

Source : Which? Travel (Royaume-Uni), septembre 2015

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Créée en 1957, Consumers' Association, connue sous le nom de Which?, est la plus importante association de consommateurs au Royaume-Uni. Elle compte 617 000 membres abonnés à son journal, et plus de 254 000 abonnés en ligne. Which? est membre fondateur de Consumers International, créé en 1960 sous le nom de International Organisation of Consumer Unions (IOCU). Which? est également membre du BEUC. Très connue pour ses essais comparatifs de produits et ses essais de services, l'association est un véritable groupe de pression qui depuis 55 ans mène régulièrement des campagnes sur les questions importantes pour les consommateurs.

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Alain-Henri Duval,

Service juridique, économique et de la documentation

 

 

 

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