Revue de presse internationale - Mars-Avril 2017

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


Le progrès, quel progrès ?

 

Certaines innovations constituent-elles vraiment un progrès ? La question se pose avec la généralisation de véhicules hyper équipés, au service d’une conduite plus qu’assistée. Celle-ci rend la route agréable, confortable et surtout plus sûre pour le conducteur et ses passagers. Ces innovations aboutissent progressivement à autonomiser totalement le fonctionnement de la voiture aux Etats-Unis. Cette déshumanisation de la conduite commence toutefois à présenter quelques effets indésirables. Les autorités se demandent en effet si, du fait du progrès technologique, la vigilance du conducteur n’est pas en train de se relâcher sérieusement. Comment, sinon, expliquer la hausse terrible, + 7 %, du nombre de tués sur les routes américaines en 2015 ?

 

Autre "progrès" sur lequel les autorités reviennent désormais un peu partout dans le monde, l’incorporation des microbilles de plastique dans certains cosmétiques. Elles ont des effets abrasifs et volumateurs très appréciés des industriels, mais profondément néfastes pour l’environnement. Ces microbilles sont rejetés dans les eaux des rivières et des océans, ont peut être des effets toxiques sur les organismes marins et se retrouvent dans notre assiette lorsqu’on consomme poissons et fruits de mer. Après les Etats-Unis, l’Océanie est en train de les interdire. Comme quoi on peut arrêter le faux progrès.

 

Au sommaire :

1 - Un escroc du démarchage téléphonique en prison
2 - Microbilles, méga problème
3 - La sécurité des voitures autonomes en question
4 - En Allemagne, le travail du dimanche est très réglementé
5 - Un fromage français au pays du gouda

 

 

 

1 - Un escroc du démarchage téléphonique en prison

 

C’est grâce à Which?, le principal journal consumériste britannique, qu’un escroc de la vente d’appareils de blocage d’appels vient d’être condamné à cinq ans de prison.

L’entreprise de Giles Ward-Best, Telecom Protection Services, a démarché par téléphone des milliers de personnes pour vendre son « Call Blocker » pour la somme de 99 livres sterling. De nombreux clients mécontents se sont plaint de ne pouvoir obtenir le remboursement d’un équipement qui ne fonctionnait pas.

La condamnation de Ward-Best est la conséquence d’une enquête du National Trading Standards Scambuster Team, équivalent britannique de la cellule chargé des litiges sur Internet de la Direction générale de la répression des fraudes.

Which? avait été le premier à dénoncer Telecom Preference Services, dans une enquête sur le démarchage téléphonique abusif publié en mars 2014. Le journal consumériste émettait des doutes sur le sérieux de Telecom Protection Services, qui faisait payer pour s’inscrire sur son propre fichier ‘do not call’ et vendait également des appareils de blocage d’appels. Peu de temps après, l’entreprise s’est vue infliger une amende de 80 000 livres par l’ICO (Information Commissioner’s Office), l’organisme public britannique chargé de la protection des données personnelles, pour avoir fait du démarchage téléphonique non sollicité auprès de personnes enregistrés sur la liste officielle du Telephone Preference Service (TPS), équivalent de la liste Bloctel.

Source : Which ? (Royaume-Uni), janvier 2017

> Voir le site

 

Créée en 1957, Consumers' Association, connue sous le nom de Which?, est la plus importante association de consommateurs au Royaume-Uni. Elle compte 617 000 membres abonnés à son journal, et plus de 254 000 abonnés en ligne. Which? est membre fondateur de Consumers International, créé en 1960 sous le nom de International Organisation of Consumer Unions (IOCU). Which? est également membre du BEUC. Très connue pour ses essais comparatifs de produits et ses essais de services, l'association est un véritable groupe de pression qui depuis 59 ans mène régulièrement des campagnes sur les questions importantes pour les consommateurs.

> Pour en savoir plus

 

 

 

2 - Microbilles, méga problème

 

Alors que sous la pression des consommateurs, plusieurs industries cosmétiques ont déjà accepté de retirer progressivement les microbilles de plastique de leurs produits, Nick Smith, le ministre de l’environnement néozélandais vient de proposer l'interdiction totale des produits de soins contenant ces billes.

Le journal consumériste néozélandais Consumer voudrait que l’interdiction s'applique non seulement aux produits de soins mais aussi à tous les biens de consommation, comme les produits d'entretien ménager.

Les microbilles sont de minuscules billes de plastique que l’on ajoute par exemple dans des produits exfoliants pour le visage, des dentifrices… souvent comme abrasif et composé volumateur. L’inquiétude est croissante concernant l'impact environnemental de ces billes qui sont éliminées dans les systèmes d'assainissement et finissent dans l'océan.

Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement estime qu'un gel de douche exfoliant classique peut contenir autant de microplastique que le flacon qui contient le produit.

Les microbilles ne se décomposent pas dans l'environnement et peuvent avoir des effets toxiques sur les organismes marins. Elles peuvent aussi entrer dans la chaine alimentaire lorsqu'elles sont ingérées par les espèces marines.

L’interdiction pourrait entrer en vigueur le 1er juillet 2018, en même temps qu'une interdiction d'utilisation des microbilles dans les produits cosmétiques à éliminer par rinçage prendra effet aux Etats-Unis.

Source : Consumer (Nouvelle-Zélande), février 2017

> Voir le site

 

Consumer NZ est une organisation indépendante à but non lucratif créée en 1959. L'association possède un large éventail d'activités liées à la protection et à l'information des consommateurs : essais comparatifs et enquêtes sur les services et les biens de consommation, recherche et conseils dans les domaines financier, alimentaire, de la santé, la sécurité, le bien-être et l'environnement. Consumer NZ représente les consommateurs au sein des comités parlementaires et fait régulièrement des propositions au gouvernement sur toute question touchant les consommateurs. Son journal mensuel Consumer est plébiscité par les Néozélandais depuis plus de 40 ans.

> Pour en savoir plus

 

 

 

3 - La sécurité des voitures autonomes en question

 

La mortalité routière a augmenté de 7 % en 2015. Il s’agit paradoxalement de la plus forte augmentation depuis cinquante ans, alors que les voitures sont truffées d’équipements de protection et d’assistance à la conduite. Si ces progrès sont censés rendre les routes plus sûres, le journal consumériste Consumer Reports met en garde contre la généralisation des véhicules semi-autonomes qui a pour effet d’abaisser le niveau de vigilance des conducteurs.

Les experts de l’organe consumériste ont été auditionnés par le Congrès américain et par le NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration), l’agence fédérale américaine des États-Unis chargée de la sécurité routière). Ils ont exhorté les constructeurs et les régulateurs à placer la sécurité en priorité des préoccupations à chaque stade du développement.

On s’inquiète surtout des nouveaux systèmes de conduite assistée automatique. Car les voitures ne sont pas tout à fait autonomes ; les consommateurs doivent être prêts à tout moment à prendre le contrôle du véhicule. La communication de certaines sociétés n’est pas toujours claire sur ce que leurs systèmes peuvent faire ou ne pas faire. Consumer Reports voudrait que l’industrie automobile mette ses données internes à disposition du gouvernement et du public. Le bénéfice de ces dispositifs d’assistance à la conduite n’est pas clair, puisque les constructeurs tiennent leurs études secrètes.

Source : Consumer Reports (Etats-Unis), février 2017

> Voir le site

 

Fondée en 1936, Consumers Union (CU) publie le magazine Consumer Reports, le site Internet ConsumerReports.org et deux bulletins, Consumer Reports on Health et Consumer Reports Money. Ses sites et publications comptent plus de 7 millions d’abonnés. L'association a également plus de 500.000 militants en ligne qui l'aident dans ses actions en faveur de l'intérêt des consommateurs. CU est membre de Consumers International (CI) et de International Consumer Research & Testing (ICRT).

> Pour en savoir plus

 

 

 

4 - En Allemagne, le travail du dimanche est très réglementé

 

Tout est fermé le dimanche et les jours fériés en Allemagne, les employeurs ne sont pas autorisés à faire travailler leurs salariés. Seules exceptions, les services de secours et l’hôtellerie-restauration.

Commander une pizza le dimanche ne pose la plupart du temps aucun problème. Mais se faire livrer une caisse d’eau minérale est plus difficile, assure l’organisation consumériste Stiftung Warentest.

C’est ce qu’a rappelé le tribunal administratif de Münster, qui vient de condamner le fournisseur de boissons « Flaschenpost GmbH » qui proposait sur son site Internet des livraisons tous les jours de la semaine, y compris les dimanche et jours fériés.

Source : TEST (Allemagne), janvier 2017

> Voir le site

 

La Stiftung Warentest (fondation pour les essais comparatifs) est une organisation de consommateurs allemande créée en 1964 par décision du Bundestag afin d'offrir aux consommateurs, par des essais comparatifs de produits et services une aide indépendante et objective. La Stiftung Warentest coopère aussi avec le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Consumers International (CI) et l'Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information – European Network and Information Security Agency (ENISA) - l'agence européenne de «cyber-sécurité» chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.

> Pour en savoir plus

 

 

 

5 - Un fromage français au pays du gouda

 

Les néerlandais aiment le fromage, notamment le quark français, un fromage caillé méconnu chez nous. Le « Franse kwark » est assimilé à un produit français, tout comme le parmesan et l’huile d’olive sont forcément italiens.

La revue consumériste Consumentengids a voulu vérifier l’origine de trois références. Les moins chers, de marque Albert Heijn et Jumbo, sont bien fabriqués en France tandis que le plus cher, Almhof, vient d’Allemagne. Un seul indice permet de mettre la puce à l’oreille du consommateur : une mention en petit caractère indiquant que le fromage est de « type » quark français. La marque se défend en assurant que l’appellation quark français indique un fromage caillé plus acide que le fromage cottage et non qu’il est fabriqué en France. En outre, leur produit serait plus adapté au goût néerlandais… des arguments qui ne sont pas du goût de l’association de consommateurs.

Source : Consumentengids (Pays-Bas), janvier 2017

 

L’association de consommateurs à but non lucratif « Consumentenbond » (CB) a été fondée en 1953 et compte plus d’un demi-million de membres. L’ONG publie des journaux sous la marque « Consumentengids », des livres, et possède le site Internet qui compte le plus grand nombre d’abonnés aux Pays-Bas. En plus de réaliser des tests comparatifs, CB offre des services d’aide au choix, des avantages financiers et un service personnalisé aux membres et aux non-membres. En 1960 CB était l'un des cinq membres fondateurs de Consumers International (CI). CB a participé à la création du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) en 1962.

> Pour en savoir plus 

 

Haut de page