Revue de presse internationale - Mai-Juin 2017

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


Les consommateurs du monde entier sont de plus en plus sensibilisés aux conditions de fabrication des produits qu’ils achètent. Mais si l’impact environnemental fait aujourd’hui l’objet d’évaluations de plus en plus poussées des producteurs, l’impact social n’a pas connu les mêmes développements. Pourtant les critères éthiques ne peuvent dissocier l’environnemental du social, même s’il est peut-être plus difficile, et coûteux, de mettre en place un protocole d’évaluation pour tout ce qui touche à l’humain.

Les consommateurs souhaitent désormais connaître le maximum avant de choisir. C’est à cette exigence là que répondent les journalistes italiens d’AltroConsumo.

Si le test des sauces tomates en lui-même ne suscite pas de remarque particulière sur la qualité intrinsèque des produits testés, AltroConsumo s’est fait un devoir d’enquêter sur les conditions de production des tomates, car la filière est aux mains d’un groupe de criminels organisés qui asservissent de manière scandaleuse les migrants.

L’information complète du consommateur ne peut plus s’arrêter au seuil du laboratoire de test ou au protocole de dégustation d’un produit alimentaire.

 

Au sommaire :

1 - Tomates, l'or rouge
2 - Des appareils électriques douteux
3 - Une béarnaise à la truffe remporte le prix de la malbouffe
4 - Baumes à lèvres : préférez les naturels

 

 

Tomates, l’or rouge

 

L’association de consommateurs Altroconsumo a testé vingt-quatre marques de coulis de tomate en pot de verre. Tous les produits testés sont fabriqués avec des matières premières de qualité, sans ajout d’eau et sont d’une qualité sanitaire impeccable.

Le problème est ailleurs. Il est dans les champs, dans les camps de travail aux mains des « caporalli ». Ces « caporaux » sont des mafieux qui exploitent des migrants. Contraints de vivre dans des camps sans eau potable ni électricité, ils sont prisonniers d’un système baptisé le « caporalato » : pour travailler, ils doivent passer par un intermédiaire, un caporal, qui les place auprès des agriculteurs et qui les taxe. On estime que 400 000 travailleurs agricoles sont employés en Italie à la récolte des fruits et des légumes.

Dans son éditorial, la rédactrice en chef Rosanna Massarenti revient sur le drame de Foggia, un village du sud de l’Italie. Dans la nuit du 2 au 3 mars 2017, deux personnes ont trouvé la mort dans l’incendie d’un camp, un ghetto qui abritait des migrants travaillant dans les champs alentours. Dans les jours qui ont suivi le drame, les journaux ont publié la carte des dizaines de bidonvilles italiens – dispersés du Nord au Sud – où des milliers d’esclaves sont contraints de vivre et de travailler dans des domaines agricoles en échange de quelques euros par jour et sans aucune protection. L’année dernière, la police a épinglé 713 cas de recrutement illégal. Une loi est censée assainir le secteur en obligeant les employeurs à passer par des agences de recrutement. Mais l’exploitation des travailleurs agricoles perdure, et pas seulement chez les migrants. Altroconsumo rappelle la triste histoire de Poala Clemente, qui est morte d’épuisement en juillet 2015 dans la campagne des Pouilles, où elle travaillait parmi 600 femmes 12 heures par jour pour un salaire de 27 euros.

Source : Altroconsumo (Italie), avril 2017

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Avec plus de 300 000 membres, Altroconsumo est la première association de consommateurs en Italie. Née en 1973 sous le nom de Comité de défense des consommateurs, elle publie des magazines et des livres pour information du consommateur, donne des consultations juridiques et mène une politique de lobbying. Les éditions Altroconsumo Ltd sont membres d'Euroconsumers S.A. (Test-achats en Belgique, OCU Compra Maestra en Espagne, Proteste au Portugal, Proteste au Brésil).

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Des appareils électriques douteux

 

Les appareils électriques bon marché provoquent fréquemment des interférences radio, mais aussi des chocs électriques. La Bundesnetzagentur (Agence fédérale allemande des réseaux) a fait retirer du marché près d'un million d’appareils l'année dernière, près de deux fois plus qu'en 2015. Les produits concernés sont surtout des transmetteurs FM, les casques sans fil, les radios portatives, les prises électriques ou encore les drones.

Source : Konsument (Autriche), mars 2017

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VKI, Verein für Konsumenteninformation, est une organisation à but non lucratif qui a été fondée en 1961. L’association de consommateurs a une longue tradition de réalisation d’essais de biens et services, dont les résultats sont publiés dans son magazine mensuel "Konsument". VKI travaille en étroite collaboration avec la Stiftung Warentest (Allemagne). L’association est membre du Bureau européen des unions de consommateurs  (BEUC), de Consumers International (CI) et d’International Consumer Research & Testing (ICRT). VKI est habilité à engager des affaires judiciaires au nom du ministère fédéral autrichien des Affaires sociales et de la protection des consommateurs.

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Une béarnaise à la truffe remporte le prix de la malbouffe

 

Chaque année l’association de consommateurs Äkta vara, que l’on peut traduire par « de vrais produits », organise le concours du produit le plus trompeur de l’année.

Parmi cinq nominés, les consommateurs suédois ont élu BEARNAISE TRYFFEL, une sauce béarnaise à la truffe, à laquelle le célèbre chef de cuisine Erik Lallerstedts prête son nom et son image pour la marque Kavli. Pour la bonne raison que la sauce est faite sans beurre et qu’elle ne contient que 0,005 pour cent de truffe.

Si le produit annonce contenir de la vraie truffe, Björn Bernhardson, le président d’ Äkta vara, a fait le calcul : une truffe d’une taille normale de 50 grammes permettrait de faire une tonne de sauce. Il ajoute qu’il ne pense  pas que cette sauce mériterait une place dans le propre restaurant du chef Erik Lallerstedts. Aussi, alors qu’un ingrédient essentiel de la sauce béarnaise est le beurre, le produit n’en contient pas le moindre gramme.

Source : Råd & Rön (Suède), mars 2017

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Sveriges Konsumenter est une coopérative qui fédère 28 associations de consommateurs en Suède. L’association publie le magazine consumériste Råd & Rön. Sveriges Konsumenter est membre du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) et de Consumers International (CI).

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Baumes à lèvres : préférez les naturels

 

Labello ou Blistex, en stick, en tube ou en pot, les produits de soin des lèvres, utilisés par de nombreux consommateurs, s’appliquent souvent et abondamment au cours de la journée. Il est primordial qu’ils soient exempts de substances nocives, car appliquées sur la bouche, elles pourraient migrer dans le corps humain. On considère qu’un utilisateur régulier de baume à lèvres avale environ 20 grammes de produit par an, et par conséquence les substances potentiellement nocives contenues dans le produit.

Sur les trente-cinq produits de soin des lèvres analysés par la Stiftung Warentest, 18 produits contiennent des substances nocives, y compris des marques très connues. On a trouvé des Mosh et des Moah chez Blixtex, Labello, Neutrogena, The Body Shop, Yves Rocher, et dans des produits particulièrement destinés aux enfants, de marque Chupa Chups, Lip Smacker, Minions et Pepsi.

Les hydrocarbures aromatiques (Moah) sont soupçonnés d'être cancérigènes. Pour les hydrocarbures saturés (Mosh) les conséquences sur la santé ne sont pas complètement établies. Mais l'Autorité européenne de sécurité des aliments EFSA estime que les Mosh sont « potentiellement dangereux ».

Certains produits contiennent des Posh, des hydrocarbures synthétiques, qui sont très semblables aux Mosh et peuvent également migrer dans le corps. C’est le cas de deux produits vendus en pharmacie : le baume à lèvres Nutritic de La Roche-Posay et Aqualia Thermal de Vichy.

Une bonne nouvelle enfin : 15 produits de soin des lèvres sont recommandés par l’organisme consumériste allemand. Parmi eux, beaucoup de produits cosmétiques naturels. Mais aussi des produits à petit prix, comme le stick à lèvres de Lidl, de marque Cien, à 29 centimes d’euros !

Source : TEST (Allemagne), mars 2017

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La Stiftung Warentest (fondation pour les essais comparatifs) est une organisation de consommateurs allemande créée en 1964 par décision du Bundestag afin d'offrir aux consommateurs, par des essais comparatifs de produits et services une aide indépendante et objective. La Stiftung Warentest coopère aussi avec le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Consumers International (CI) et l'Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information – European Network and Information Security Agency (ENISA) - l'agence européenne de «cyber-sécurité» chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.

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