Revue de presse internationale - Mai-Juin 2016

Lu pour vous dans la presse consumériste internationale


 

Mais qui y a-t-il dans ce produit ?

 

Sur tous les continents, l’interrogation est la même : les ingrédients qui composent certains produits de consommation courante sont-ils tous inoffensifs pour l’homme et son environnement ?

 

Et curieusement, les réponses diffèrent pour les mêmes produits.

 

En Nouvelle-Zélande, l’huile de palme est partout mais n’est indiquée nulle part. Alors qu’elle est présente dans un article sur deux vendus en supermarché, les néo-zélandais n’en savent pourtant rien, puisque sur l’étiquette, seule la mention générique « huile végétale » apparaît. En Europe, l’étiquette doit, depuis quelques mois, être plus précise et mentionner « huile de palme » pour que le consommateur puisse choisir éventuellement un produit qui n’en contienne pas, contribuant ainsi à sauvegarder des forêts sauvages. Ces forêts sont impitoyablement décimées par des incendies pour laisser place aux palmiers. La fin de ce massacre passe par l’information du consommateur, sur les étiquettes, quelle que soit son pays.

 

A Hong-Kong, les soucis portent sur l’alimentation trop salée et trop sucrée vendue aux Chinois. Le travail des représentants des consommateurs consiste à mettre en exergue des teneurs parfois ahurissantes, et à mettre en garde les habitants contre ces aliments traditionnels très chargés.

 

En Australie, les doutes portent sur l’innocuité du Bisphénol S qui a remplacé le perturbateur endocrinien Bisphénol A. Les produits qui arborent fièrement l’absence de BPA sont-ils moins dangereux ?  Rien n’est moins sûr.

 

Mais une fois connue et bien indiquée, la liste des ingrédients peut être au contraire source de valorisation du patrimoine local, comme c’est le cas en Allemagne avec la sauce verte de Francfort, qui vient de recevoir le signe officiel d’indication géographique protégée (IGP), à la grande satisfaction des consommateurs allemands.

 

 

 

L'huile de palme coûte cher à la planète

 

Au moment où Sue Chetwin, la rédactrice en chef du journal néozélandais « Consumer », préparait son éditorial, une jeune rédactrice l’interrogeait sur la teneur en sucre des œufs de Pâques. « Ne devrait-il pas y avoir une alternative à plus basse teneur en sucre ? » « Ah non ! » fut sa réponse. « Pâques, c’est pour les amoureux du chocolat. Chacun sait à quoi s’en tenir. C’est un plaisir. » Elle aurait plutôt souhaité qu’on l’interroge sur l’huile de palme que contiennent ces œufs de Pâques. Parce que « chaque bouchée de chocolat pourrait venir en aide à un Orang- outang ».

 

L’huile de palme est utilisée dans presque la moitié des produits vendus dans les supermarchés néo-zélandais – des chocolats aux shampoings. Mais là-bas, les étiquettes ne mentionnent que des « huiles végétales ». Une indication précise obligatoire, comme en Europe, devrait être imposée prochainement. Le gouvernement y est favorable, pas pour des motifs environnementaux et de protection des Orang-outang, mais pour des raisons de santé publique.

 

« Consumer » rappelle que le géant de l’industrie du lait, Fonterra, utilise chaque année 16 000 tonnes d’huile de palme, entrainant la destruction des forêts primaires en Indonésie. Pourquoi ? Parce que, pour récolter de l’huile de palme à moindre coût, on détruit de vastes étendues de forêt que l’on remplace par des palmiers. Les Orang-outang vivent dans ces forêts sauvages – ils se nourrissent, nichent et habitent dans les arbres. La précarité de leur survie a été mise en lumière l’an dernier quand des satellites ont détecté 122 000 feux de forêt en Indonésie. La Banque Mondiale a qualifié ces feux de forêt de crise économique et environnementale majeure portée par l’industrie lucrative de l’huile de palme.

 

Les industriels de la palme ont bien inventé la certification RSPO, pour Roundtable on Sustainable Palm Oil, une organisation qui certifie et fait la promotion d'une huile de palme durable. L’organisme a promis de trouver une solution aux mauvaises pratiques en certifiant uniquement les « bonnes » huiles. RSPO certifie 21 % de l’huile de palme en tant que production durable. Pour être certifiés, les producteurs ont  l’interdiction de détruire la forêt primaire. Mais beaucoup d’entre eux ont choisi de compenser en achetant des certificats GreenPalm. L’argent est certes reversé au RSPO mais il n’y alors plus aucune garantie de provenance des huiles de palme. Une façon de « tricher » légalement qui ne plait pas à l’association de consommateurs néo-zélandaise. Sur les douze grands noms de l’industrie agroalimentaire qui ont fait l’objet de son enquête, six ont utilisé des certificats GreenPalm en 2014. Pour le consommateur qui veut savoir s’il y a de l’huile de palme dans les produits qu’il achète et d’où elle vient, il est bien difficile d’y voir clair !

 

Source : Consumer (Nouvelle-Zélande), avril 2016

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Consumer NZ est une organisation indépendante à but non lucratif créée en 1959. L'association possède un large éventail d'activités liées à la protection et à l'information des consommateurs : essais comparatifs et enquêtes sur les services et les biens de consommation, recherche et conseils dans les domaines financier, alimentaire, de la santé, la sécurité, le bien-être et l'environnement. Consumer NZ représente les consommateurs au sein des comités parlementaires et fait régulièrement des propositions au gouvernement sur toute question touchant les consommateurs. Son journal mensuel "Consumer" est plébiscité par les Néozélandais depuis plus de 40 ans.

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La paperasse angoisse

 

La « phobie administrative », popularisée par un homme politique français, ne serait pas une maladie, explique la Fédération romande des consommateurs (FRC) dans son journal « Mieux choisir », qui a interrogé des experts en psychiatrie. Mais la polémique a eu le mérite de dévoiler un fardeau qui pèse sur de nombreuses personnes. Factures aux échéances aléatoires, moyens de paiement diversifiés, administrations difficilement joignables… selon Dettes Conseil Suisse, une association de services de conseils en désendettement, 59 % du surendettement est lié à ces difficultés de gestion administrative.

 

A Genève, l’Hospice général a ouvert un atelier « Gestion administrative » pour aider les personnes qui ne savent plus gérer leur paperasse et, noyées sous les rappels, finissent par avoir peur d’ouvrir leur boîte aux lettres. Pendant deux demi-journées, à raison d’une ou deux fois par mois, des conseils simples de tri et de classement sont prodigués. Les stagiaires sont invités à venir avec leurs documents. « Certains viennent avec des caddies ou des valises pleines » avoue Donata Lucchini, en charge de l’atelier, avec une collègue assistante sociale. L’Hospice général accueille un public très varié, des personnes entrant dans la vie active aussi bien que d’autres qui ont perdu pied à la suite d’un coup dur ou d’une situation familiale difficile.

 

Source : FRC Mieux choisir (Suisse), avril 2016

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La Fédération romande des consommateurs (FRC) est une association de défense des consommateurs basée en Suisse romande fondée en 1959. La FRC est membre du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) depuis 1992.

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L’UE au secours de la sauce verte de Francfort

 

Le bouquet d’herbes nécessaire à la confection de la fameuse « Frankfurter Grüne Soße », ou « Frankfurter Grie Soß », la fameuse sauce verte de Francfort, vient de se voir attribuer une indication géographique protégée (IGP), se réjouit la Stiftung Warentest. L'Union européenne a accepté de protéger ce mélange traditionnel de bourrache, cerfeuil, cresson, persil, pimprenelle, oseille et ciboulette. Pour être autorisé à arborer le sceau de l’IGP, les herbes doivent être cultivées à Francfort et dans vingt et un villages voisins, et être emballées à la main. Seul le persil peut exceptionnellement être importé d’une autre région. « Cette protection empêchera les fraudes », précise un porte-parole du groupement interprofessionnel horticole de la région Baden-Württemberg-Hessen. Les sauces toutes prêtes étaient déjà rares. Elles le seront encore plus, puisque les herbes devront provenir de la zone de l’IGP. Les Allemands sont rassurés, ils pourront continuer longtemps à cuisiner les différentes variantes de leur sauve verte de Francfort, en mélangeant les précieuses herbes à du yaourt ou de la crème.

 

Source : Test (Allemagne), mai 2016

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La Stiftung Warentest (fondation pour les essais comparatifs) est une organisation de consommateurs allemande créée en 1964 par décision du Bundestag afin d'offrir aux consommateurs, par des essais comparatifs de produits et services une aide indépendante et objective. La Stiftung Warentest coopère aussi avec le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), Consumers International (CI) et l'Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information – European Network and Information Security Agency (ENISA) - l'agence européenne de «cyber-sécurité» chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.

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Attention aux niveaux élevés de sodium et de sucre dans la sauce aux huîtres

 

Assaisonnements et condiments sont, dit-on, l'âme de la cuisine chinoise. Ils sont à la base de nombreux plats succulents. Ces saveurs raffinées cachent malheureusement des niveaux de sucre et de sel très élevés.

C’est ce qu’a découvert le Consumer Council chinois après avoir analysé l’étiquetage nutritionnel de 65 échantillons de sauces : sauces aux huîtres, ketchups, sauces XO (une sauce épicée aux fruits de mers originaire de Hong-Kong), sauces chili au piment et sauces au poivre.

Les enquêteurs ont ainsi découvert une sauce chili d’origine indonésienne qui contenait 50 % de sucre. Une sauce au poivre, importée d’Afrique du Sud, titrait 5,6 grammes de sel pour 100 g. Les traditionnels champignons braisés à la sauce aux huîtres, un des plats chinois les plus populaires et des plus festifs, sont de véritables bombes à retardement sanitaire : ils peuvent atteindre un apport de 744 mg de sodium par convive ! Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une consommation maximum de 5 grammes de sel et de 25 grammes de sucre par jour.

Pas facile pour les Chinois de suivre les recommandations de l’OMS, quand certains fabricants, depuis rappelés à l’ordre par le Consumer Council, n’indiquent pas les bonnes valeurs sur l’étiquetage nutritionnel de leurs produits.

 

Source : Choice Magazine (Chine), janvier 2016

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Le Consumer Council de Hong-Kong est un organisme indépendant créé en 1974. Il dispose de sept centres de conseil aux consommateurs, publie un magazine mensuel en chinois, « Choice », et un site internet en chinois et en anglais. Education du consommateur, défense d'un marché équitable, renforcement des droits des consommateurs et promotion d’une forme de consommation durable font partie de ses priorités stratégiques. Le Consumer Council a intensifié sa collaboration avec ses homologues du continent, notamment avec China Consumer’s Association.

 

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Les produits sans Bisphénol A sont-ils sûrs ?

 

 

Une récente étude  confirme les craintes de « Choice », le principal journal consumériste australien, quant à la sécurité des matières plastiques de substitution du Bisphénol A (BPA).

Publiée dans la revue scientifique internationale « Endocrinology », l’étude menée par des chercheurs de l'Université de Californie démontre que le Bisphénol S, un produit chimique couramment utilisé comme substitut du BPA, interfère avec le système de reproduction du poisson zèbre. «Notre étude montre que les produits en plastique fabriqués avec des alternatives au Bisphénol  A ne sont pas nécessairement plus sûrs», explique le professeur Nancy Wayne, qui a dirigé l'étude.

Alors que les étiquettes «sans BPA» indiquent aux consommateurs un produit qui ne contient pas de Bisphénol A, on ne leur dit pas quel est le produit de substitution. La pression exercée pour éliminer le BPA pourrait avoir conduit l'industrie à le remplacer par des produits chimiques dont l’innocuité n’aurait pas été complètement établie. C’est regrettable, quand on sait qu’un produit étiqueté « Sans Bisphénol A » influence la décision d’achat du consommateur, qui est même prêt à payer plus cher.

Faut-il alors éviter les produits sans Bisphénol A?

Le Docteur Ian Musgrave, de l'Université d'Adélaïde, se veut rassurant, en cela que le Bisphénol S (BPS) serait une alternative toujours plus sûre que le BPA. « Les recherches montrent que, par rapport au BPA, seule une infime part de BPS, entre 0,3 % et 3 %, migre dans les aliments. » Ajoutez à  cela que l’on sait maintenant, depuis la dernière étude australienne sur l’alimentation totale (Australian total diet study) que la plupart des aliments ne contiennent pas de niveaux détectables de BPA, le risque pour la santé du PBS serait encore plus infime, selon le Dr Musgrave.

 

Source : Choice (Australie), avril 2016

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Choice est la principale association de consommateurs en Australie, avec plus de 170 000 adhérents. Elle a été créée en 1959 sous le nom de Australian Consumers Association. L'organisation est très connue pour ses  "Shonky Awards" (« prix citron »), un palmarès annuel qui souligne le comportement douteux ou malhonnête d'entreprises.

 

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Alain-Henri Duval
Service juridique, économique et de la documentation

 

 

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